Il se rompt l’œsophage après une course de 160 km

Publié le 09 Août 2019 à 16h40 par Sophie Raffin, journaliste santé
Un homme de 37 ans a souffert de vomissement et de vives douleurs thoraciques alors qu'il participait à une course de 160 km. Son état n'était pas une crise cardiaque... mais un syndrome de Boerhaave, soit une grave rupture de l’œsophage.
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Faire du sport est bon pour la santé, mais cela ne protège pas de tous les maux. Un homme de 37 ans l'a appris à ses dépens. Alors qu'il participait à une course de 100 miles (160 km) en Californie, il a vomi immédiatement après avoir pris un anti-inflammatoire. Son état s'est rapidement dégradé puisque de vives douleurs à l'estomac et à la poitrine ainsi que des difficultés respiratoires sont apparues. Face à ces symptômes, les secouristes, présents à l'événement sportif, ont soupçonné une crise cardiaque et le coureur a été transporté aux urgences.

Les vomissements ont rompu l’œsophage

À l’hôpital, les médecins ont fait passer un scanner au malade. Ils ont alors découvert qu'il s'était en réalité rompu l’œsophage en vomissant. Cette rupture de la paroi œsophagienne à la suite de vomissements excessifs est un syndrome rare, appelé syndrome de Boerhaave. Il survient seulement à 3 personnes sur un million.

Le sportif dont l'identité n'a pas été révélée, a confié "La rupture d’œsophage que j'ai vécu pendant la course d'endurance de Western States, était une situation effrayante pour moi. Toute l'expérience m'a donné une nouvelle perspective sur la vie et l'importance de la santé. Et j'ai appris à apprécier les petites joies de la vie".

Le Dr Andrew Pasternak qui a écrit un article sur ce patient atteint du syndrome de Boerhaave dans le journal médical BMJ Case Reports, explique "Bien que jusqu'à 96% des coureurs très sportifs auront des problèmes gastro-intestinaux pendant une course, nous n'avions jamais vu cette complication décrite dans la littérature scientifique". Il ajoute "Seulement 5% des patients ayant un syndrome de Boerhaave étaient considérés comme étant en bonne santé".

Syndrome de Boerhaave : les facteurs de risque

En effet, le syndrome de Boerhaave qui correspond à une rupture spontanée de l’œsophage, touche dans la majorité des cas des personnes ayant déjà des troubles de santé. Les facteurs de risque sont l'alcoolisme et une pathologie œsophagienne sous-jacente comme une œsophagite peptique, un ulcère gastroduodénal, un reflux gastro-œsophagien ou une hernie hiatale. Par ailleurs, cette rupture est principalement observée chez la gent masculine. La répartition est de 9 hommes pour 1 femme.

Chez les patientes, le syndrome peut être aussi causé par les vomissements volontaires et répétée dans un contexte de boulimie ou une hyperemesis gravidarum, la forme grave des nausées liées à la grossesse.

Syndrome de Boerhaave : les symptômes

Trois symptômes principaux sont observés chez les patients souffrant d'un syndrome de Boerhaave :

  • des vomissements,
  • des douleurs à la poitrine et au thorax
  • des difficultés respiratoires : dyspnée, emphysème sous-cutané, épanchements pleuraux

Dans le cas d'un diagnostic tardif (au-delà de 24 heures après la rupture), des signes cliniques de sepsis et d’état de choc peuvent être observés.

Ce mal nécessite un traitement chirurgical ou endoscopique. Les médecins doivent réparer l'œsophage abîmé et y associer un drainage médiastinal (région de la cage thoracique située entre les deux poumons et contenant le cœur), pleural ou abdominal. Le patient devra également prendre des antibiotiques pour éviter le développement d'un sepsis et autres infections.

Syndrome de Boerhaave : un pronostic inquiétant

Le syndrome de Boerhaave peut être fatal rapidement. Le pronostic dépendant entièrement de la précocité du diagnostic et du traitement. Lorsque le patient est pris en charge dans les 12 premières heures post-rupture, le taux de survie est de l’ordre de 70%. Si le traitement de la pathologie tarde, le patient est menacé par le sepsis (anciennement septicémie). Ainsi, les chances de survie chutent à 40% si le délai dépasse les 24 heures. Et, si la rupture de l’œsophage n'est pas soignée, le taux de mortalité est de 100%.

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