Troubles obsessionnels compulsifs : quand une fois ne suffit pas ...
Des pistes neurobiologiques sont actuellement explorées pour tenter de déterminer les causes
Les nouvelles techniques d'imagerie médicale ont permis de visualiser certaines zones du cerveau pourrant être concernées, comme les lobes frontaux et les ganglions de la base. Le dysfonctionnement de certains neuromédiateurs (sérotonine, dopamine, vasopressine) est aujourd'hui suspecté et des travaux de recherche sont en cours.Par ailleurs, on soupçonne l'existence de facteurs génétiques et familiaux, sans qu'ils soient cependant démontrés à l'heure actuelle.
Le sujet est souvent demandeur de soins, pour soulager sa détresse
La question de l'opportunité de traiter reste débattue chez des sujets non handicapés par leurs troubles et n'en souffrant pas ; dans ce cas, un suivi de l'évolution est nécessaire et le traitement peut être différé. Dans les autres situations (angoisse, handicap), le traitement s'impose, basé sur les antidépresseurs et/ou les psychothérapies.Certains psychotropes antidépresseurs agissant sur la sérotonine (appelés sérotoninergiques) sont efficaces lorsqu'ils sont administrés à fortes doses. Environ 60% des sujets obsessionnels sont ainsi améliorés. Cependant, l'action de ces médicaments est lente (délai de 2 à 8 semaines) et progressive, impliquant de prendre le médicament pendant au moins six mois avant de juger de son efficacité. En cas de résultats positifs, il peut alors être poursuivi pendant douze mois, puis progressivement diminué.En cas d'efficacité partielle des antidépresseurs, de rechute à l'arrêt du traitement ou de refus du patient, une autre approche thérapeutique est représentée par certains types de psychothérapies, appelées cognitivo-comportementales. Elles consistent à confronter la personne à ses pensées obsédantes et aux situations qu'elle redoute. Chaque séance doit durer suffisamment longtemps pour permettre au malade d'affronter son angoisse sans recourir à ses rituels et de lui montrer ainsi qu'il peut surmonter son anxiété sans redouter de catastrophe. Ces psychothérapies apportent un taux d'amélioration de 60 à 80% chez les patients y ayant adhéré, bénéfices qui se maintiennent au long cours chez plus de 75% des sujets.Dans tous les cas, il est évidemment essentiel d'impliquer l'entourage du malade, qui doit être bien informé sur la maladie et sur les comportements à adopter. Il est important que le patient et sa famille ne se sentent pas seuls face à cette maladie, qui peut également bénéficier du soutien du médecin de famille.
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