Le jeûne intermittent dangereux pour la santé ?

Publié le 30 Juillet 2018 par Catherine Conan, diététicienne-nutritionniste
© Istock

Fasting, ca vous dit quelque chose ? Fasting ou jeûne intermittent ou intermittent fasting sont des termes de plus en plus familiers. Ce phénomène très à la mode se présente comme étant une nouvelle façon de perdre de poids. Nombreux sont les adeptes. Mais est-ce réellement efficace et surtout n'est-ce pas contestable pour votre santé ? 

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De nombreux effets physiologiques

Ce régime à la mode consiste à alterner des périodes de jeûne et des périodes d’alimentation normale sur 18 à 24 heures. Rien à voir avec un jeûne de 8 heures dû à une nuit de sommeil.

La période de jeûne consiste en une privation de nourriture et éventuellement une restriction des apports en eau. L’objectif étant d’obtenir une perte de poids. Séduisant, non ? Mais ce n’est pas tout, le jeûne intermittent met en avant une régulation de l’appétit, une meilleure espérance de vie, de meilleures performances cognitives…

Il est avéré, qu’après une période de jeûne, les réserves s’épuisent, le niveau d’insuline baisse (hormone faisant baisser le taux de sucre dans le sang) et la sécrétion d’hormone de croissance augmente. Ces facteurs induisent inévitablement une perte de poids. Mais, il y a un mais…

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Pas que des bienfaits

En effet, des effets indésirables ont été rapportés comme la déshydratation, la somnolence, l’irritabilité, l’asthénie, une mauvaise haleine (halitose)… mais surtout le risque réside dans le fait d’être tenté de suivre cette pratique de façon prolongée occasionnant alors un déséquilibre métabolique !

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Les carences sont possibles comme dans certains régimes hypocaloriques, le risque qu’une dénutrition pointe le bout de son nez avec une perte de masse musculaire. Ce n’est pas à négliger. En effet, ce type d’alimentation ne favorise pas du tout la prise de muscle.

Il faut aussi garder à l’esprit que la privation peut chez certaines personnes tourner à l’obsession et à leur faire consommer davantage ou manger déséquilibré les jours d’alimentation normale. Ce n’est pas l’effet recherché.

Dans tous les cas, ce type d’alimentation ne devra être suivi que de façon épisodique, accompagnée d’une bonne hygiène de vie et d’une activité physique régulière.

Des précautions

Pour toutes les personnes ne présentant aucun souci de santé particulier, ce mode alimentaire ne pose pas problème sur une période courte mais il en est tout autrement pour les personnes souffrant de pathologies cardiaques, les diabétiques, les sujets immunodéprimés, les femmes enceintes, les enfants… mais aussi pour les personnes devant prendre de médicaments à heures fixes.

Pour toutes ces personnes, cette pratique peut s’avérer dangereuse. Il est également important de ne pas réduire de manière drastique les quantités consommées sur les jours d’alimentation normale. Ce régime doit être contrôlé. 

Ne vous lancez pas tête baissée dans ce type d’alimentation sans en avoir informé au préalable votre médecin traitant car le risque de déséquilibre alimentaire est grand. Il sera le seul à juger de la cohérence de ce dernier dans votre cas.

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