Diarrhée : le groupe sanguin changerait la sensibilité à une bactérie

© Istock

Une certaine forme d'E. Coli serait la plus associée à la "tourista" (la diarrhée des voyageurs). Elle serait plus susceptible de toucher les personnes du groupe sanguin A.

PUB

On est pas tous égo face à la tourista ! Les personnes du groupe sanguin A seraient plus sensibles à cette forte diarrhée que les autres. En cause, une certaine forme d'E. Coli qui y est associée. C'est ce qu'a montré u ne étude américaine publiée dans The Journal of Clinical Investigation.

Les E. Coli entérotoxinogènes, un groupe spécifique de ces bactéries, sont responsables de millions de cas de diarrhées et de centaines de milliers de décès tous les ans. Les jeunes enfants sont les plus touchés. De plus, les personnes vivant ou visitant un pays en développement seraient les plus infectées.

Une fois infectées, certaines de ces personnes développent une diarrhée liquide sévère semblable à celle du choléra. Rappelons que celles-ci peuvent être mortelles. Pour d'autres personnes les symptômes seront seulement désagréables mais se résorbent facilement. Pour d'autres encore, aucun symptôme ne se fait ressentir.

PUB
PUB

Des symptômes similaires au choléra

La raison de ces inégalités pourrait se trouver dans le groupe sanguin. Une piste soulevée par les observations de James Fleckenstein, auteur principal de l'étude et professeur agrégé de médecine à l'Université de Washington, et ses collègues.

Ils ont remarqué que des enfants infectés par des souches d'E. Coli entérotoxinogènes au Bangladesh étaient plus malades s'ils étaient du groupe A. C'est pour cela qu'ils ont voulu savoir si le groupe sanguin influence la sévérité de la maladie.

Pour cet essai clinique, les scientifiques ont administré à des volontaires sains une dose d'une souche d'E. Coli entérotoxinogènes (celle du Bangladesh). Ensuite, ils ont observé les volontaires durant cinq jours. Ils ont traité les personnes souffrant de diarrhées sévères avec des antibiotiques.

En ce qui concerne les autres, après cinq jours le risque de tomber malade est totalement écarté, étant donné que les symptômes de l'infection se manifestent très rapidement. Mais ils ont tout de même reçu un traitement antibiotique pour supprimer la bactérie avant de rentrer chez eux.

Une protéine à l'origine de tout

De leur côté, le docteur Matthew Kuhlmann et ses collègues ont réussi à obtenir les échantillons de sang de 106 personnes infectées par cette même E.Coli. Après analyse, ils ont constaté que les personnes du groupe A étaient malades plus tôt et plus sévèrement que les personnes des autres groupes.

En effet, plus de huit personnes sur dix du groupe A ont développé une diarrhée sévère contre la moitié des personnes pour les groupes B ou O.

Il faut savoir que les globules rouges, qui composent notre sang, peuvent varier selon plusieurs facteurs. A l'extérieur de ces cellules, on trouve des sucres qui changent en fonction du groupe sanguin. Les personnes du groupe A ont un sucre distinct par rapport à ceux du groupe B. En ce qui concerne, les personnes AB, elles possèdent à la fois le sucre du groupe A et celui du groupe B.

Mais pourquoi cet E. Coli infecte plus les personnes du groupe A ? Pour les chercheurs, la réponse se trouve dans les sucres. En effet, la bactérie E. Coli produit une protéine spécifique qui va adhérer aux sucres de type A tout en restant attachée à E. Coli. Autrement dit, la protéine produite par E. Coli fonctionne comme un scotch double face qui va coller les cellules intestinales à la bactérie. Ainsi la bactérie va infecter le sang du groupe A.

"Un vaccin ciblant cette protéine pourrait potentiellement protéger les individus les plus à risques de maladie grave", souligne le professeur James Fleckenstein.

PUB
PUB

Contenus sponsorisés