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Phobie sociale : la crainte de l'autre

Phobie sociale : la crainte de l'autre
Gênante car invalidante, la phobie sociale concerne 2 à 3 % de la population. Caractérisé par une peur intense des situations sociales, ce trouble psychologique mène parfois à l'échec à répétition ou peut pousser, dans des cas plus graves, à l'autodestruction.

L'autre, ce persécuteur

Selon le DSM IV, la classification diagnostique américaine, la phobie sociale est «une peur persistante et intense d'une ou plusieurs situations sociales ou bien de situations de performance durant lesquelles le sujet est en contact avec des gens non familiers ou bien peut être exposé à l'éventuelle observation attentive d'autrui. Le sujet craint d'agir, ou de montrer des symptômes anxieux, de façon embarrassante ou humiliante.» L'autre est redouté comme un juge ou un persécuteur dès lors qu'il ne fait pas partie des familiers. Les symptômes repérables du trouble sont : une mauvaise estime de soi, des modes de pensée négatifs et un cortège de craintes. Peur d'entamer des conversations, de s'impliquer affectivement avec autrui, de participer à des petits groupes, de se rendre à des soirées, de s'adresser à des figures d'autorité, de la situation de performance…L'exposition à la situation redoutée peut provoquer un rougissement, un tremblement des mains ou des nausées, même si l'individu reconnaît le caractère excessif ou irraisonné de sa peur. Parfois, elle déclenche une anxiété qui peut aller jusqu'à l'attaque de panique, avec d'éventuels palpitations, accélération du rythme cardiaque, transpiration, tremblements, souffle coupé ou sensation d'étouffement, nausées… Chez les enfants, l'anxiété s'exprime par des pleurs, des accès de colère et un repli sur soi.

Population à risque

Les personnes hypersensibles aux frustrations et à tendance dépressive sont prédisposées à la phobie sociale, de même que les grands timides. On a pu établir une corrélation entre des sentiments d'angoisse, de séparation et de timidité vécues pendant l'enfance, un manque de rencontre avec des personnes du sexe opposé, certains évènements traumatisants et une attitude des parents décourageant la socialisation. Mais personne n'est à l'abri. Cette phobie est, en effet, un des troubles psychiques les plus tus et les «phobiques» se croient isolés alors qu'on en dénombre de plus en plus. Quant aux conséquences, l'évitement, ou la souffrance intense provoquée par les situations redoutées, peuvent avoir des effets négatifs sur l'activité scolaire, professionnelle ou sociale de la personne, qui «refuse l'obstacle» et fait du surplace. Comme le précise en effet le Dr François Chardon, auteur de Les phobies et leurs traitements : “la phobie sociale devient vite un cercle vicieux qui s'auto-alimente : la peur fait baisser les performances, la baisse des performances entraîne l'évitement. Plus l'évitement est grand, moins la personne a l'occasion de s'exercer, donc ses performances diminuent, etc... ».

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Article publié par le 10/01/2002 - 01:00
Mis à jour par Psychonet Production le 10/05/2004 - 01:00
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

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