Pour la viande, le Bio cela ne veut rien dire

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Quick lance le premier Cheeseburger bio certifié AB. Bravo ! diront certains : On va pouvoir enfin manger des Cheeseburger bons pour la santé… En fait le bio ne doit pas servir d’alibi à la publicité, car pour les viandes, cela n’a aucun sens.

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Tout ce qui est bio n’est pas bon

Peut-on manger de tout, dès lors que c’est bio ? C’est finalement la question que nous pose le groupe de restauration rapide Quick en lançant le premier Cheeseburger bio certifié AB. Regardons cela en détail :

- Pour la feuille de salade ou les oignons, ne pas avoir été exposés à des pesticides est un avantage santé indéniable. Mais cela ne représente qu’une infime partie de la préparation.

- Pour le pain, ce qui compte le plus pour la santé, c’est qu’il soit complet et idéalement multi-céréales. C’est en effet dans l’enveloppe des céréales que se retrouvent toutes les vitamines et les sels minéraux. Le reste du grain n’est composé que d’amidon, autrement dit de sucre rapide, plutôt mauvais pour la santé, en tous cas à limiter.

- Pour la viande, le label bio nous apprend seulement que les animaux ont été nourris avec des produits bios. Mais si cette nourriture est composée de maïs bio et de soja bio, comme c’est le cas des élevages industriels, alors cela ne change rien pour la santé. En effet, les acides gras issus du maïs et du soja sont très riches en oméga-6 (pro-inflammatoires) et très pauvres en oméga-3 (anti-inflammatoires). La viande des animaux nourris de la sorte est alors très déséquilibrée, pauvre en oméga-3 et riche en oméga-6, et le label bio n’y change rien. Ce qui compte pour la viande c’est que les animaux soient nourris en grande partie avec de l’herbe et de la luzerne, car ce sont ces herbacés qui apportent les oméga-3 bons pour le cœur. A défaut, les oméga-3 peuvent être apportés par des graines de lins qui en ont sont très riches.

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Au total, un cheeseburger bio, c’est surtout un gros coup de pub, et une mauvaise analyse en termes de santé.

Importance du label Bleu Blanc Cœur

D’une manière générale revenons sur le problème du choix de la viande. Nous avons besoin tant des oméga-3 que des oméga-6, mais dans des proportions similaires, à savoir idéalement 1 oméga-3 pour 1 oméga-6. Au pire, notre organisme peut métaboliser 1 oméga-3 pour 5 oméga-6. Mais au-delà de ce ratio de 1/5, notre organisme est débordé par les oméga-6 et ne métabolise plus les oméga-3 tout aussi indispensables. C’est le drame de l’alimentation industrielle :

- en 1960, la viande de bœuf contenait 1 oméga-3 pour 4 oméga-6 et elle était saine pour la santé. A cette époque, ces animaux étaient essentiellement nourris à l’herbe, ce qui rappelons-le n’est pas anormal pour des herbivores.

- En 2000, la viande de bœuf contenait 1 oméga-3 pour 14 oméga-6. Nourris que de maïs et de soja, les animaux ne savent plus fabriquer de la viande riche en oméga-3 et les nourrir avec du maïs ou du soja bio n’y change rien.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Jeudi 30 Septembre 2010 : 14h40
Mis à jour le Jeudi 30 Septembre 2010 : 14h53
Source : Source : Communiqué de presse Quick 16 septembre 2010