Cancer du sein : choisissez les bonnes graisses alimentaires
Publié le 03 Avril 2006 à 2h00 par Dr Philippe Presles
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Graisses alimentaires et cancer du sein

Certains facteurs de risque du cancer du sein sont modifiables. C'est visiblement le cas des graisses comme les acides gras alimentaires. Des chercheurs ont été jusqu'à définir la notion de lipidome, carte des différents acides gras présents dans le tissu graisseux, et reflet des lipides consommés. Ce lipidome pourrait constituer un marqueur du risque de cancer du sein.Pour en arriver à cette conclusion, le "profil lipidique" du tissu graisseux de plus de 300 femmes présentant une tumeur du sein a été soigneusement examiné. Il en ressort qu'un faible rapport entre les acides gras poly-insaturés oméga-6 et oméga-3 (soit beaucoup d'oméga-6 et peu d'oméga-3) est associé à une augmentation du risque de cancer du sein.

Rappels sur les différentes graisses alimentaires

Rappelons que les acides gras poly-insaturés oméga-3 (poissons gras, huile de colza) sont bénéfiques pour la santé mais nous avons souvent des apports insuffisants. En revanche, nous consommons beaucoup trop d'oméga-6 (huile de tournesol, d'arachide, etc.), alors qu'un ratio oméga-3/oméga-6 de 1/5 au maximum est recommandé. Enfin, pour mémoire, même si dans cette étude ils ne jouent aucun rôle, les acides saturés sont principalement contenus dans le beurre et la margarine.

Notre alimentation agit sur le risque de cancer du sein

Ainsi, une catégorie d'acides gras ne peut à elle seule conditionner le risque de tumeur. Il s'agit d'un "profil lipidique", ce qui souligne la complexité des interactions entre acides gras. Et bonne nouvelle, ce profil peut être modifié par l'alimentation. Les résultats de cette étude confirment ce que les enquêtes sur le cancer et l'alimentation avaient déjà mis en évidence : à savoir que certains profils alimentaires sont protecteurs : consommation élevée de fruits, de légumes et de poissons, peu de viandes rouges, de calories et de graisses.

Misez sur les oméga-3 au détriment des autres graisses

En pratique, la nature des graisses que l'on consomme est très importante. Il faut augmenter les apports en acides gras oméga-3 au détriment de toutes les autres graisses. Cette modification alimentaire apporte une protection contre le cancer du sein. Mais il faut également viser une alimentation équilibrée et augmenter la consommation de fruits et légumes. Les céréales complètes ont également montré leurs bénéfices pour la santé.

Source : Bougnoux P. et coll., Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention, 15 (3), 2006.