Super-aliments : réalité ou arnaque ?

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Les super-aliments sont de plus en plus à la mode.

Ils seraient exceptionnels, capables de vous protéger quasiment de toutes les maladies, de vous permettre de mourir très vieux sans avoir l’air de l’être et de plus en bonne santé.

Est-ce vraiment une réalité, scientifiquement prouvée ? Ou une arnaque marketing? 

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Les super-aliments, c’est quoi ?

Les super-aliments sont principalement des fruits. Depuis quelques temps, des légumes également. Accessoirement, des graines, des algues, et quelques autres aliments.

Ils sont « super» car ils sont plus riches en certains nutriments particulièrement bénéfiques pour la santé : antioxydants, phytonutriments, vitamines, minéraux, fibres, etc. que les autres aliments.

Les super-aliments ne sont pas nouveaux, ils existent depuis des siècles. Ils sont devenus « super» après qu’un génial inconnu du marketing américain eut inventé le concept de « superfood », que l’on s’est empressé de traduire en super-aliment.

Même si des études scientifiques ont démontré l’efficacité de tel ou tel super-aliment dans la prévention de telle ou telle maladie, il n’en existe aucune définition officielle ni légale.

Les ravages causés par l’alimentation industrielle (la junk food), la prise de conscience générale que la santé dépendait aussi d’une alimentation saine et équilibrée, l’angoisse de vieillir, tout cela associé à la recherche et à la croyance permanentes du miracle ont fait le lit de la médiatisation et de la mode des super-aliments.

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C’est pourquoi leur liste ne cesse de s’allonger. Parfois lorsqu’une étude scientifique, qui analyse sérieusement les propriétés d’un aliment, est publiée. Plus souvent en fonction des trouvailles des services marketing de l’agroalimentaire car, dès qu’ils sont « super », ces produits se vendent très bien,

Les super-fruits

Ils tiennent la vedette, essentiellement pour leur richesse en molécules antioxydantes de toutes sortes. Ils sont parfois classés selon l’indice ORAC ((Oxygen Radical Absorbance Capacity) établis par des chercheurs américains.

En tête, les baies: d’açaï (Amazonie), de goji (du Tibet et de Chine où elles sont cultivées industriellement avec le plus souvent des pesticides, le camu-camu (Amazonie), les baies d’aronia, celles d’argousier. Leur exotisme leur donne une aura supplémentaire.

Mais la cranberry (ou canneberge)qui vient du Canada et a fait ses preuves dans la protection des infections urinaires, le bleuet aussi canadien, le cassis sont aussi des super-fruits.

Des études menées sur la myrtille ont montré qu’elle freinait la croissance des cellules cancéreuses du colon et avaient un effet positif sur les pertes de mémoire dues au vieillissement. D’autres ont vivement suggéré que le jus de grenade pouvait faire baisser la pression sanguine et réduire le stress oxydatif : d’où une protection contre les maladies cardiovasculaires.

Ceci ne clôt pas la liste des super-fruits très exotiques, vendus très chers en jus ou séchés ou en poudre sur Internet.

Il y a aussi l’arbouse (à ne pas confondre avec l’argouse), le pain de singe qui est le fruit du baobab, le durian, l’asimine (Amérique du Nord), la gigerine (un genre de pastèque), le jaboticaba (fruit d’Amérique du sud), le mangoustan (Asie, Amérique du sud), le nashi (un genre de poire mais chinoise) le noni (Asie et Australie) l’olive d’automne (un genre de groseille qui pousse en Asie), le lucumal (Pérou) le lulo (Amérique du sud), la pomme malaca (Asie et Antilles), le tamarin (tous les pays tropicaux), la surelle (Madagascar), le yuzu, un genre de citron très parfumé.

Plus proches de nous, le kaki et le kiwi seraient aussi des super-fruits.

Publié par Paule Neyrat, Diététicienne le Mercredi 27 Avril 2016 : 16h54
Mis à jour le Jeudi 28 Avril 2016 : 16h09
Source : - Yi W et al. (2005). Phenolic compounds from blueberries can inhibit colon cancer cell proliferation and induce apoptosis. Agric Food Chem 53(18):7320–9.
- Aviram M et al. (2000). Pomegranate juice consumption reduces oxidative stress, atherogenic modifications to LDL, and platelet aggregation: studies in humans and in atherosclerotic apolipoprotein E–deficient mice. Am J Clin Nutr 71(5):1062–76.
- Hu R, Khor TO, et al. Cancer chemoprevention of intestinal polyposis in ApcMin/+ mice by sulforaphane, a natural product derived from cruciferous vegetable. Carcinogenesis 2006 May 4.
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