Le stérilet : et si c'était la contraception de choix ?

Publié le 04 Janvier 2005 à 1h00 par Dr Philippe Presles
Le stérilet est une méthode contraceptive de choix qui demeure sous-utilisée, car victime d'un certain nombre de préjugés. Pourtant, c'est une contraception de première intention qui s'adresse à toutes les femmes, même à celles qui n'ont pas encore eu d'enfant. Elle est très efficace, non contraignante, de longue durée d'action et dénuée de risque cancéreux ou cardiovasculaire.
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Bien choisir sa contraception

Les recommandations formulées par la Haute autorité de santé insistent sur l'importance d'une consultation gynécologique spécifiquement consacrée à cette question, sur l'adhésion de la personne (voire de son partenaire) au choix de la méthode contraceptive et sur l'intérêt de méthodes trop peu valorisées comme le dispositif intra-utérin (le stérilet).

Le stérilet : une contraception de choix sous-utilisée

Victime d'un grand nombre d'idées reçues, le stérilet est une méthode contraceptive de choix sous-utilisée, alors qu'il représente une solution économique, permettant une réelle efficacité pratique, contrairement à la pilule dont les effets sont limités par les contraintes d'observance quotidienne. Il mérite d'être connu et valorisé.

Les nombreux avantages du stérilet

  • Le stérilet n'est pas réservé aux femmes multipares, c'est-à-dire aux femmes ayant déjà eu des enfants.
  • Son retrait, par exemple en cas de désir d'un enfant, est suivi d'un retour à la fertilité tout à fait normal et rapide, exactement comme avec la pilule.
  • Il a l'avantage d'être efficace très longtemps (durant cinq ans pour le stérilet hormonal et 5 à 10 ans pour le stérilet au cuivre) et peut être très facilement retiré à tout moment par un médecin ou gynécologue.
  • La pilule est efficace à condition de respecter une stricte régularité des prises. Ce risque de grossesse non désirée par " oubli " n'existe pas avec le stérilet.
  • Il ne présente aucun risque cardiovasculaire ou cancéreux. A titre d'exemple, toutes les générations de pilule sont associées à un risque d'accident thromboembolique. Ce n'est pas le cas avec un stérilet.
  • Le risque de maladie inflammatoire ne doit pas être un frein à l'emploi du stérilet, car il n'existe que dans les trois premières semaines qui suivent la pose et il peut être écarté lors de l'examen préalable. Pour cette raison, il est inutile de le changer plus souvent pour éviter une hypothétique infection, car le risque est lié à la pose. Ainsi, le facteur de risque infectieux est représenté par la multiplicité des partenaires (plus souvent trouvée chez les femmes nullipares c'est-à-dire chez celles qui n'ont pas encore eu d'enfant) et non par le stérilet.
  • Il n'y a pas de risque de stérilité tubulaire, y compris chez les nullipares.
  • Les grossesses extra-utérines sous stérilet sont dix fois moins nombreuses que sans contraception.

A savoir également sur le stérilet

Le stérilet est la méthode de " rattrapage " la plus efficace en cas d'échec de la contraception, d'autant qu'il peut être posé jusqu'à cinq jours après l'accident de pilule ou de préservatif. Le stérilet peut être posé un mois après l'accouchement, tandis qu'il faut attendre le retour de couche avant d'instaurer une contraception hormonale.

Le stérilet en pratique

Il est mis en place par un gynécologue, souvent sans anesthésie. Le stérilet au cuivre induit souvent des règles plus abondantes durant les premiers mois, tandis que le stérilet hormonal diminue leur abondance, voire les supprime parfois. Il est très bien toléré. Les quelques contre-indications imposent un suivi régulier : tous les un ou deux mois après la pose, puis tous les six mois.

Source : Recommandations de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).