Prévention des AVC et des infarctus : l’aspirine serait inutile

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L'aspirine ne serait pas conseillée dans la prévention des premiers troubles cardiaques. Le médicament présenterait au contraire plus d'effets secondaires que de bienfaits. 

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L'aspirine ne serait pas si efficace dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et des infarctus. Les bienfaits de la pilule blanche ont été remis en cause à l'occasion du congrès 2018 de la Société européenne de cardiologie, qui s'est tenu du 25 au 29 août à Munich. Parmi tous les travaux présentés, ce sont deux études qui ont particulièrement retenu l'attention.

Beaucoup d'effets secondaires

La première étude, réalisée sur une période de neuf ans, a été publiée dans la revueThe Lancet le 26 août 2018. Les effets de l'aspirine ont été mesurés sur plus de 12 000 volontaires, originaires de sept pays différents.

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Tous les participants faisaient partie du groupe des séniors (55 ans et plus pour les hommes et 60 ans et plus pour les femmes) et ont présenté "un risque cardiovasculaire moyen, jugé modéré sur la base de nombreux facteurs de risque spécifiques", précisent les auteurs de l'étude.

Enfin, aucun d'entre eux ne présentait de diabète ou de risque de saignements (gastro-intestinaux notamment). Une fois par jour durant cinq ans en moyenne, la moitié des volontaires (6270 personnes) a reçu une dose de 100 milligrammes d'aspirine et l'autre moitié (6276 personnes) a reçu un placebo. Résultats :

  • des saignements gastro-intestinaux (principalement bénins) sont survenus chez 61 patients (0,97%) dans le groupe aspirine, contre 29 patients (0,46%) dans le groupe placebo;
  • un infarctus du myocarde non fatal est intervenu chez 88 patients (1,4%) dans le groupe aspirine, contre 98 patients (1,56%) dans le groupe placebo;
  • 160 décès (2,55%) ont été recensés dans le groupe aspirine, contre 161 décès (2,57%) dans le groupe placebo.

En somme, les chercheurs n'observent pas de différence significative entre les deux groupes que ce soit au niveau de la prévention des infarctus du myocarde ou des décès. Et, comme les effets secondaires (saignements gastro-intestinauxchez les patients du groupe aspirine sont fréquents, les auteurs de l'étude concluent que "le rôle de l'aspirine dans la prévention primaire chez les patients à risque modéré n'a pas pu être démontré".

Autant d'évènements vasculaires graves

La deuxième étude, réalisée sur des patients diabétiques, a été publiée dans l'American Heart Journal le 27 août 2018. "Les patients atteints de diabète de type 2 sont plus victimes de maladies cardiaques" expliquent les auteurs de l'étude pour justifier leur expérience.

Sur une période moyenne de sept ans, ils ont distribué quotidiennement une dose de 100 milligrammes d'aspirine à plus de 15 000 diabétiques. Résultats :

  • des évènements vasculaires graves (AVC, infarctus ou accident ischémique transitoire) sont survenus chez 658 patients (8,5%) du groupe aspirine, contre 743 patients (9,6%) du groupe placebo;
  • des épisodes hémorragiques ont été recensés chez 314 patients (4,1%) du groupe aspirine, contre 245 patients (3,2%) du groupe placebo.

"Bien que l'essai continue de surveiller les résultats à long terme pour les cancers gastro-intestinaux, au moment de l'analyse actuelle, le taux d'incidence était comparable entre les groupes traité et placebo" ajoutent les scientifiques.

"Pas de bénéfice clair"

"Même si nous avons clairement montré que l'aspirine réduit le risque d'événements vasculaires, y compris les crises cardiaques et les AVC, elle augmente également le risque d'hémorragie majeure, principalement du tractus gastro-intestinal (système digestif, ndlr). Donc il n'y a pas de bénéfice clair." conclut finalement Jane Armitage, une des auteurs de la deuxième étude.

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