Pour maigrir et ne pas grossir, on se bouge !

La prise de poids vient toujours d'un décalage entre les entrées et les dépenses énergétiques. C'est comme sur un compte en banque : ce qui n'est pas dépensé se stocke. L'épidémie actuelle de l'obésité résulte de la baisse générale des dépenses énergétiques (mécanisation, transports, TV, ordinateurs, etc.) et de l'augmentation de la consommation d'aliments riches en graisses et bon marché. Les résultats de l'expérience menée sur des collégiens alsaciens, pendant quatre ans, démontrent clairement que lorsqu'on se bouge, le risque de prendre du poids est neutralisé.
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ICAPS : Intervention auprès des collégiens centrée sur l'activité physique et le comportement sédentaire

C'est le nom de ce projet mis en oeuvre en septembre 2002 dans des collèges du Bas-Rhin. Un an avant, une étude avait montré que 22,7 % des enfants de 12 ans de ce département présentaient un excès de poids, alors que la moyenne nationale est de 14 à 15 %. Huit collèges ont été tirés au sort, rassemblant mille élèves de 6e de poids normal. Dans quatre d'entre eux, on a mis en place un programme d'activités physiques dites « de loisirs » (pendant les heures de pause et les permanences), et en même temps, des groupes de réflexion sur les thèmes sédentarité, santé, etc., auxquels les parents étaient associés. On ne leur a pas demandé de changer quoi que ce soit à leur alimentation. Dans les quatre autres collèges, on n'a rien changé aux programmes. Mais les mille élèves ont tous subi le même examen médical (taille, poids, bilan sanguin) de façon à pouvoir comparer ensuite les résultats entre les collégiens « action » et les « témoins ». Ils ont aussi répondu au même questionnaire sur leurs habitudes de vie.

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Quatre ans plus tard

Le Pr Chantal Simon qui a dirigé cette expérience avec son groupe de recherches de l'Université de Strasbourg a, le sourire aux lèvres, communiqué récemment les résultats. Alors que dans le groupe « témoins », 9,8 % des collégiens ont pris du poids, il y en a seulement 4,4 % dans le groupe « action ». Et chez ceux-ci, le « bon » cholestérol, le HDL qui réduit le risque de maladie cardiovasculaire, a augmenté de 6%. En même temps, ces adolescents passent 20 minutes de moins devant la télé et les trois-quarts d'entre eux ont pris goût au sport, pratiquant une heure environ (54 minutes en moyenne) d'activités physiques extra-scolaires par semaine. Ce qui veut dire que lorsqu'on se bouge - sans même modifier son alimentation - le risque de surpoids est diminué de moitié. « On avait de fortes présomptions » a précisé Chantal Simon, « mais on n'avait jamais montré jusqu'à présent qu'on pouvait renverser la vapeur ». Ca vaut la peine de réfléchir et de se bouger !

Publié le 01 Octobre 2007
Auteur(s) : Paule Neyrat, Diététicienne
Source : Communiqué de presse ICAPS, Intervention auprès des collégiens centrée sur l'activité physique et la sédentarité, septembre 2007.