Les insectes que vous pourriez bientôt manger

Publié le 02 Juillet 2019 par Sophie Raffin, journaliste santé
Les insectes ont plus tendance à nous répugner qu'à nous ouvrir l’appétit. Pourtant ces animaux perçus comme nuisibles ont un intérêt nutritionnel qui va au-delà de son image actuel de grignotage original à l'apéritif. Autre argument pour convaincre les plus réticents d’essayer : l'élevage d'insectes comestibles est meilleur pour la planète.
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Les insectes bons pour le corps et la planète

Dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud, les insectes sont des mets de choix... en Europe, il est encore bien rare de voir un ver de farine ou un criquet dans nos assiettes. Pourtant, nous avons l'embarras du choix. Il existe plus de 20 000 d'insectes comestibles répartis sur tous les continents.

La valeur nutritionnelle de ces plats est très variable, du fait entre autres du grand nombre d'espèces. Toutefois, différentes études montrent que les insectes comestibles peuvent soutenir la comparaison avec un morceau de bœuf sans rougir. “Les insectes offrent une meilleure viande en termes d’apports énergétiques, de protéines, d’acides gras, de fibres et d’éléments minéraux. Ils ont aussi une teneur en vitamines supérieure à celle du bœuf (B12 excepté) et sont riches en micronutriments (fer, cuivre, magnésium, zinc…)”, explique Virginie Mixe, éleveuse d'insectes comestibles.

Outre les gains pour la santé, manger des chenilles, des vers de farine et autres grillons a un fort intérêt environnemental. C'est d'ailleurs ce point qui pousse certains consommateurs occidentaux à sauter le pas et intégrer les insectes à leur alimentation.

“Les avantages environnementaux portent la tendance des insectes comestibles depuis plusieurs années. En termes d'eau et de surface d'élevage, ils sont, en effet, gagnants. Il faut entre 13 000 et 22 000 litres d'eau (en comptant le fourrage) pour faire un kilo de bœuf, alors que les vers de farine par exemple ne boivent pas d'eau. Pour 1 kg de protéines, on dépense ainsi seulement 600 litres d'eau en prenant en compte le substrat (support sur/dans lequel les insectes sont élevés)”, ajoute la spécialiste. Il en est de même pour le gaz à effet de serre ou même la terre mobilisée. L'élevage de ver de farine produit six fois moins qu'un élevage de bœuf (15 kg vs 160 kg) et a besoin de 1000 fois moins d'espace (25m² vs 323m²).

Les insectes les plus consommés au niveau mondial sont les larves de scarabées (31%), les chenilles (18%) et les abeilles (14%). Toutefois, ce ne sont pas les insectes les plus présents dans les assiettes occidentales aujourd'hui “ce qui se développe principalement en Europe aujourd'hui, ce sont les vers de farine, les grillons migrateurs et les criquets domestiques. Ils sont les plus présents dans nos régions, car ils sont plus faciles à élever”, précise Virginie Mixe. Elle ajoute également “Les gens qui se lancent dans la consommation d'insectes, cherchent avant tout à être le moins énergivore possible. Ils évitent ainsi souvent de les faire venir du bout du monde”.

Source : Merci à Virginie Mixe, éleveuse d'insectes comestibles et fondatrice associée de Minus Farm
Insectes comestibles : Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'agriculture (FAO), le 4 décembre 2014

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