Le lit : première cause des blessures à la tête chez les bébés

Publié le 29 Juillet 2019 à 17h39 par Agathe Boussard, journaliste santé
Selon une nouvelle étude, les chutes du lit seraient la première cause de lésions cérébrales non mortelles chez les bébés de moins d’un an. Près des trois quarts des traumatismes crâniens chez les moins de 19 ans seraient eux, dus à des produits de consommation très prisés : vélo, revêtement de sol...
© Istock

Quelles sont les premières causes des lésions cérébrales non mortelles chez les jeunes ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre des chercheurs, dans une vaste étude publiée dans la revue médicale "Brain Injury". Et leur constat est sans appel. Certains produits de consommation, très prisés par les jeunes, seraient responsables de la plupart des traumatismes crâniens non mortels.

Un million de cas de lésions cérébrales chez les jeunes

Les auteurs de l’étude ont examiné les données sur les blessures à la tête des départements d'urgence de 66 hôpitaux américains, sur une période de plus de quatre ans, de 2010 à 2013 compris. Ils se sont focalisés sur les commotions cérébrales non mortelles des enfants et adolescents âgés de moins de 19 ans.

Pour chaque blessure, ils ont identifié la cause, c’est-à-dire le produit de consommation responsable de la lésion. Les enfants et adolescents ont été répartis en cinq groupes en fonction de leur âge. Environ un million de cas de lésions cérébrales traumatiques non mortelles ont été relevés dans les services d’urgence chaque année.

Les produits responsables de blessures à la tête

Selon l’étude, 72% des cas, tous groupes d’âge confondus, sont dus à des produits de consommation réglementés par la "US Product Consumer Safety Safety Commission". Cette agence publique américaine a pour mission de protéger les personnes contre "les risques déraisonnables de blessures ou de morts provenant de produits de consommation grand public". 

Les résultats de leur enquête sont particulièrement révélateurs des dangers que peuvent représenter certains produits de notre quotidien. Chez les nourrissons de moins d'un an, un quart des traumatismes crâniens non mortels ont été causés par une chute de lit. Les auteurs mettent en avant la dangerosité des lits superposés. Les sols inégaux, le deuxième facteur, expliquent 14% des cas. 

Quant aux enfants âgés de un à quatre ans, on trouve comme causes principales à égalité les chutes de lit (10%), les escaliers (10%) et les sols inégaux (10%).

À partir de l’âge de cinq ans, les enfants deviennent plus mobiles. Les traumatismes crâniens ont aussi lieu à l’extérieur de la maison. Les sols figurent en première position des causes des lésions cérébrales non mortelles chez les enfants de cinq à neuf ans. Viennent ensuite les accidents de vélo.

Enfin, dans les deux derniers groupes d’âge, chez les 10-14 ans et les 15-19 ans, c’est le football américain, un sport de contact très apprécié outre-Atlantique, qui constitue la première cause des blessures à la tête non mortelles. Ce sport est responsable de 14% des chocs à la tête chez les 10-14 ans, 9% des chocs chez les 15-19 ans. Le basketball arrive en seconde position. Il est impliqué dans 6% des lésions cérébrales non mortelles chez les 10-14 ans et 5% chez les 15-19 ans. La pratique du vélo et celle du football expliquent aussi certains traumatismes.

La Dr Bina Ali, qui a conduit l’étude et qui travaille pour l’Institut du Pacifique pour la Recherche et l'évaluation, a tenu à apporter quelques précisions sur les conclusions de cette enquête. "Dans la plupart des cas, les nourrissons et les enfants sont en sécurité au lit et lorsqu'ils pratiquent un sport à l'extérieur, mais notre étude met en évidence certains risques et les priorités pour chacun des groupes d’âge en ce qui concerne la prévention des traumatismes crâniens graves."

Il existe certaines limites à l'étude. Cette dernière ne prend pas en compte les patients soignés dans les "cabinets de médecins" ou dans les "dispensaires scolaires". Ne figure pas non plus, dans l'enquête, le lieu de l'accident qui a conduit à une blessure à la tête. Enfin, les chercheurs n'ont pas pu étudier comment les "blessures variaient selon le statut socio-économique"

Des mesures pour diminuer les risques de blessures

Afin de réduire les risques de choc à la tête, la Dr Bina Ali préconise d’installer "des barrières d’escalier", "d’éviter les terrains de jeux au sol dur" ou encore conseille de "porter des casques". "Ces mesures simples pourraient aider à réduire les risques de blessure tout comme l’éducation des adultes pour assurer une bonne utilisation des produits et le respect des règles de sécurité".

 

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