Traumatismes crâniens : des séquelles comportementales

Publié le 13 Août 2007 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Les traumatismes crâniens sont à l'origine de séquelles, pouvant générer des troubles cognitifs, du comportement et des émotions. Ils sont souvent invalidants et déroutants pour l'entourage.
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Les troubles dépendent de la gravité du traumatisme crânien.

Les traumatismes légers

Les traumatismes légers (absence, pertes de connaissance courtes) n'entraînent pas de comportement inadapté, incohérent ou dangereux.

En revanche, on observe des modifications de l'intensité des émotions, avec des perturbations des relations sociales et familiales : impatience, irritabilité ou impulsivité. La victime a conscience de ces modifications et en souffre.

La psychothérapie traditionnelle n'est pas indiquée. Les troubles vont évoluer favorablement avec le temps. Mais l'écoute du médecin et un traitement court par anxiolytiques peuvent aider à réduire l'angoisse du blessé et les tensions familiales.

Les traumatismes graves

Les traumatismes graves (coma) sont à l'origine des différents troubles, notamment du comportement et des émotions.

Les déficits sont de deux formes :

  • Passivité et indifférence

    La victime est passive, comme au ralenti, apragmatique, sa participation à la vie sociale est superficielle, aucune initiative ni implication.

  • Comportement impusif

    Inversement, elle peut adopter un comportement impulsif, brouillon et excessif avec des changements d'humeur, passant d'une attitude joviale à des réactions inattendues et violentes à la moindre contrariété. Ces troubles ne sont pas perçus de façon réaliste par la victime. La diminution du contrôle des comportements peut se manifester par des crises de boulimie (ingestions compulsives d'aliments ou d'alcool), des gestes ou des propos impudiques, un irrespect des règles et des conventions sociales.

Les réactions aux émotions sont inadaptées ou disproportionnées : peur, agressivité, colère, voire à l'extrême, des crises de rage, des hurlements et des bris d'objets. Dans certains cas, on observe à l'opposé une froideur et une indifférence affective très marquées.

Les deux peuvent coexister, ce qui donne des crises de colère ou des gestes déplacés inattendus, sur un fond d'indifférence et d'insensibilité aux émotions.

La prise en charge

Le bilan doit être complet bien entendu, et réactualisé, notamment concernant les troubles neuropsychiques car une rééducation cognitive peut s'avérer utile.

Sinon, un traitement psychotrope avec des régulateurs du comportement complété par des antidépresseurs est généralement prescrit, ainsi que des antipsychotiques ponctuels pour faire face aux crises d'agressivité et de violence.

Quant à la famille, une écoute et une aide sont également indispensables.

Source : Le Quotidien du médecin.