Sport : attention la tête !

Boxe, football, rugby : autant de sports où les traumatismes à la tête sont légion. Sans oublier les chutes à skis, en rollers ou à vélo. A la longue, ces chocs peuvent générer des séquelles.
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Le cerveau garde la mémoire des traumatismes qu'il subit. Bien consciente du danger, la nature a d'ailleurs cherché à le protéger le mieux possible. Comme pour les casques cyclistes, on observe la superposition d'une enveloppe souple -les méninges- et d'une autre rigide -la boîte crânienne- grâce auxquelles l'organe est relativement à l'abri. Mais il reste vulnérable aux chocs rapides de la tête contre un obstacle. L'inertie du cerveau l'envoie alors buter contre les parois osseuses à l'intérieur même de son carcan et, à chaque fois, cela coûte la vie à quelques milliers de cellules... Cette disparition n'est pas trop grave en soi. Les neurones perdus ne constituent qu'une goutte d'eau à l'échelle du cerveau qui en compte entre 100 et 300 milliards au début de la vie. Même sans faire du sport, nous en perdons chaque jour des milliers et le cerveau se trouve classiquement délesté d'environ 10% de son poids en cours d'existence sans que cela n'affecte les aptitudes intellectuelles. Les problèmes surviennent lorsque ces coups sur la tête surviennent de façon répétée. L'ensemble des tissus se trouve alors fragilisé et la destruction prend une ampleur inhabituelle. Cela entraîne une détérioration des organes sensitifs et une perte des fonctions cognitives générales ou de la mémoire. Par exemple, on se rend dans une pièce et l'on oublie totalement ce que l'on venait y faire. Des maladies surviennent également de façon précoce, à l'image du boxeur Muhammad Ali atteint d'une maladie de Parkinson avant l'âge de 50 ans.

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En souvenir d'Agostinho

D'autres situations graves peuvent découler d'un choc violent sur la tête. Il arrive en effet qu'un épanchement sanguin se produise à l'intérieur du crâne et comprime le cerveau avec le risque d'interrompre les fonctions vitales. On connaît l'histoire du cycliste portugais Joaquim Agostinho qui a chuté au Tour d'Algarve en 1984 parce qu'un chien avait traversé la route juste devant lui. Il s'est relevé et, complètement sonné, il a même terminé l'étape. Malheureusement, il est décédé peu après d'une hémorragie intra crânienne, que personne n'avait soupçonnée. Pour que d'éventuelles pertes de connaissances ne passent pas inaperçues, on déconseille par exemple de faire immédiatement dormir la personne après une chute grave. N'hésitez pas à contacter les services de secours en cas de commotion avec ou sans perte de connaissance, nausées, saignements, etc. La médecine du cerveau a beaucoup progressé et permet désormais de sauver des vies qui autrefois auraient été irrémédiablement condamnées. On dispose pour cela de différentes techniques. On peut endormir le sujet comme pour une anesthésie. Si la pression intra crânienne augmente, il existe des médicaments anti-oedémateux. On peut aussi mettre en place une dérivation ventriculaire pour évacuer le liquide céphalo rachidien. Dans les cas les plus graves, on tente même l'opération. Mais, chaque fois, la survie et l'évolution du patient dépendent de la précocité des soins.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mardi 25 Octobre 2005 : 02h00