Comment peut-on vivre après de graves traumatismes ?

Près de 90% des enfants qui ont été maltraités deviennent de bons parents par la suite. Seuls 10% d'entre eux vont maltraiter à leur tour leurs enfants. Ces chiffres ont tout changé en ce qui concerne l'aide que l'on apporte à ces enfants. On pensait autrefois que la maltraitance se reproduisait quasi-systématiquement de génération en génération. On avait donc tendance à baisser les bras ! Aujourd'hui, on sait que la résilience existe, cette capacité à puiser en soi et en une aide extérieure l'énergie nécessaire pour relever la tête et faire de sa vie une belle vie malgré le passé.
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Pour se redresser intérieurement après avoir été battu, martyrisé, violé, nous avons besoin de tuteurs de résilience, c'est-à-dire de personnes extérieures qui croient en nous et en notre capacité à nous en sortir. Le tuteur est une personne qui manifeste de la gentillesse, de l'empathie, de la sensibilité à la souffrance de l'autre. Mais c'est aussi quelqu'un qui sait voir le positif de la personne qui souffre, ses dons, ses capacités, son futur en positif. Finalement, il s'agit de partager selon le schéma suivant : « c'est difficile ce que tu as vécu, je compatis de tout coeur, mais malgré ce passé, je suis sûr que tu peux vivre heureux et réussir ta vie ». Cela se fait souvent par le hasard des rencontres. Mais on peut aussi donner un coup de pouce au hasard. Ainsi, les psychologues travaillent-ils bien évidemment dans cette optique. Et même quand on n'est pas diplômé en psychologie, on peut bien sûr servir de tuteur à un enfant ou une personne qui a souffert. Et il ne faut jamais baisser les bras, quelle que soit la souffrance à laquelle il a pu être confronté. En effet, la résilience dépend beaucoup plus de la ualité des tuteurs que de l'ampleur des dégâts subis. Alors, ça vaut toujours la peine de faire preuve d'empathie et de confiance.

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Ainsi, nous pouvons tous servir de tuteur de résilience à un moment ou un autre. Et cela pour des enfants gravement maltraités, tout autant que pour la petite maltraitance, la simple maladresse, la méchanceté qui elles aussi peuvent laisser des traces Un mot, une attention à un enfant peut changer sa vie !

À lire

« Guérir de son enfance » de Jacques Lecomte, ou encore « Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik. Ces deux livres sont publiés aux éditions Odile Jacob.

 
Publié par Dr Catherine Solano le Mercredi 15 Septembre 2004 : 02h00