La greffe de microbiote vaginal, solution contre les vaginoses ?

La vaginose bactérienne touchent entre 15 et 20% des Françaises. Des scientifiques américains pensent trouver un nouveau remède contre cette infection causée par un déséquilibre de la flore vaginale. Ils proposent de faire une greffe de microbiote vaginal.
© Istock

Réaliser une greffe de microbiote vaginal pour soigner les vaginoses bactériennes récidivantes : voici la proposition de médecins de l’Université Johns Hopkins, dans le Maryland. Les premiers résultats de leurs travaux de recherche ont été publiés dans la revue "Frontiers in Cellular and Infection Microbiology".

Un traitement inspiré des transplantations fécales

Si la vaginose est une infection souvent bénigne, il est difficile de la soigner durablement. Ethel Weld, co-auteure de l'étude, explique "Nous disposons de très peu d'options de traitement pour la vaginose bactérienne, aucune d'entre elles ne pouvant être totalement curative ou réparatrice".

L'équipe de recherche a mis au point en s'inspirant des transplantations de selles réalisées pour rétablir la flore intestinale. La scientifique défend son idée "Il existe des preuves épidémiologiques significatives que le transfert de microbiote vaginal a déjà lieu, par exemple entre femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes".

Dans le cadre de leur recherche, les docteurs ont testé le microbiote vaginal de 20 femmes âgées de 23 à 35 ans. Ces examens leur ont permis de déterminer le profil bactérien idéal.

L'article précise "Par exemple, les échantillons de liquide vaginal ayant plus de Lactobacillus, L. crispatus, ont tendance à avoir une teneur en acide lactique protectrice supérieure, un pH inférieur et une meilleure fonction de barrière au VIH, conformément aux études précédentes".

À la recherche de "super donneuses" de microbiote vaginale

L'équipe scientifique cherche désormais de "super donneuses" pour mettre à l'épreuve leur hypothèse. Les participantes devront s’abstenir d'avoir des relations sexuelles pendant 30 jours avant le prélèvement de l'échantillon. Il sera soumis à un dépistage, y compris le VIH, afin d'éviter les contaminations.

Le don ne nécessitera pas d'intervention médicale. Les participantes pourront réaliser le prélèvement elles-mêmes. Elles devront insérer dans leur vagin un disque en plastique flexible similaire à une coupe menstruelle ou un diaphragme.

Bientôt un essai clinique 

Les essais seront lancés dès que les "donneuses" seront trouvées. L'expérience sera réalisée avec 40 femmes atteintes d'une vaginose. Certaines recevront un don de microbiote sain et d'autres un placebo.

Le Dr. Laura Ensign qui participe aussi à la recherche conclut "Nous prévoyons que la trajectoire de la greffe de microbiote vaginal suivra probablement celle de la transplantation fécale, avec des efforts pour cultiver des greffes uniformes et standardisées ayant une efficacité thérapeutique similaire à celle du matériel du donneur".

La vaginose : qu'est que c'est ?

La vaginose bactérienne est causé par un déséquilibre de la flore vaginale. Une femme sur 5 en souffre en France.

Les symptômes

L'infection est souvent silencieuse. Elle se remarque généralement par des pertes vaginales grisâtres ou blanches. Elles dégagent une mauvaise odeur caractéristique, proche du poisson pourri. Certaines femmes par ailleurs peuvent se plaindre de faibles démangeaisons. Dans les cas les plus avancés, des douleurs ou encore des rougeurs au niveau du vagin peuvent être observées.

Le traitement

La vaginose se traite avec un antibiotique sous la forme d'ovules ou de gel. L'infection disparaît en quelques jours, mais réapparaît fréquemment par la suite.

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