Ces pertes vaginales qui ne sont pas normales

Publié le 09 Novembre 2017 à 11h21 par Océane Redon, journaliste santé
Validé par : Dr Pia de Reilhac, Gynécologue
Couleur, odeur... Si la quantité des secrétions vaginales diffère selon les femmes, leur aspect reste identique. Sauf en cas d'infections, bénignes ou plus graves. Voici les signes qui doivent vous pousser à consulter un médecin.
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Qu’est-ce qu’une perte vaginale ?

"Sous l’influence des œstrogènes, le vagin sécrète une substance couleur crème, ni épaisse, ni liquide", explique le Dr Pia de Reilhac, présidente de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale et gynécologue à Nantes. Cette substance sert à humidifier le vagin "pour éviter qu’on le sente et qu’il fasse mal". Ces secrétions, qui débutent à la puberté, servent aussi à protéger et équilibrer la flore vaginale. Mais elles prennent parfois un aspect suspect.

Les pertes blanches : l'alerte d'une mycose

Les pertes peuvent devenir très blanches et s’épaissir, comme si elles contenaient des grumeaux de lait caillé. Généralement associées à de vives démangeaisons et à une inflammation des lèvres, elles annoncent une mycose. Cette infection due à un champignon peut se développer suite à la prise d’antibiotiques ou après une exposition à un milieu chaud et humide. "On peut attraper une mycose en s’asseyant dans le sable ou dans les vestiaires des piscines", énumère le Dr Pia de Reilhac.

Les pertes transparentes et liquides : une vaginose

Les secrétions vaginales peuvent aussi devenir transparentes et liquides. Elles coulent par intermittence et développent une odeur très forte, "qui ressemble à celle du poisson pourri", continue le Dr Pia de Reilhac. Il s’agit alors d’une vaginose, dont l’origine est un déséquilibre de la flore vaginale. C’est le seul cas où des pertes suspectes s’accompagnent d’une odeur particulière puisque "la seule autre cause d’une mauvaise odeur vaginale, c’est l’oubli d’un tampon".

Les pertes à tendance verdâtre : une chlamydia

A contrario, les secrétions vaginales peuvent aussi prendre une teinte grise ou verdâtre. D’une texture épaisse, elles sont très rarement accompagnées de douleur, mais sont la plupart du temps annonciatrice de la chlamydia. Cette infection sexuellement transmissible n’est généralement pas perceptible au premier coup d’œil. "Je conseille aux jeunes femmes de faire régulièrement des tests pour s’assurer qu’elles n’ont pas de chlamydia", glisse le Dr Pia de Reilhac.

Avoir peu de pertes : une carence hormonale

Si la quantité de pertes diffère selon les femmes, elles peuvent disparaître. "Cette sécheresse, assez désagréable, peut être due à un problème hormonal provoqué par une mauvaise contraception ou par la ménopause", assure le Dr Pia de Reilhac. Le port de tampons hygiéniques peut également assécher le vagin. "Il ne faut pas garder un tampon trop longtemps et prendre une taille adéquate aux pertes sanguines. Le dernier jour des menstruations, il faut privilégier les protège-slips."

Que faire si on a des pertes vaginales suspectes ?

Si vos secrétions vaginales ressemblent aux cas évoqués, consultez votre gynécologue. Car si les mycoses, les vaginoses et la sécheresse ne sont pas graves et se soignent facilement, la chlamydia peut entraîner l’infertilité.

Pour conclure, le Dr Pia de Reilhac livre ses conseils : "La toilette intime ne doit pas décaper la vagin, sous peine de déséquilibrer la flore vaginale pouvant entraîner une vaginose ou une mycose. Quant à la chlamydia, il n’existe qu’une façon de l’éviter : le préservatif !"

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