La ménopause augmente les risques de syndrome métabolique

À la ménopause, les femmes sont soumises à des changements hormonaux. L’arrêt des règles n’en est pas la seule conséquence : certains troubles sont aussi plus fréquents. Des chercheurs américains assurent qu’elle augmente aussi les risques de syndrome métabolique.
La menopause augmente les risques de syndrome metabolique

La ménopause - qui correspond à l’arrêt du fonctionnement ovarien vers 50 ans - rend les femmes plus vulnérables à un certain nombre de problèmes de santé. Selon une nouvelle étude publiée dans Menopause (le journal de la Société de la ménopause d’Amérique du Nord ou NAMS), le syndrome métabolique en fait partie.

Ménopause et syndrome métabolique : une étude réunissant plus de 10 000 femmes 

Pour leurs travaux, les chercheurs se sont appuyés sur une étude longitudinale canadienne sur le vieillissement qui réunit plus de 10 000 femmes âgées de 45 à 85 ans. En analysant les données, ils ont découvert que 38% des femmes de 60 à 79 ans souffraient d’un syndrome métabolique. Il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler, mais de la réunion de plusieurs anomalies métaboliques associées. Les patients présentent généralement une obésité abdominale et au moins deux des troubles suivants : 

  • une hypertriglycéridémie (taux supérieur à 1,7 mmol/L) ;
  • un faible taux de cholestérol HDL (bon cholestérol : moins de 1,29 mmol/l chez les femmes) ; 
  • une hypertension ;
  • un taux élevé de glycémie veineuse (taux à jeun égal ou supérieur à 5,6 mmol/L).

Cette hausse des risques est particulièrement inquiétante pour la santé des femmes. En effet, cette condition, aussi appelée syndrome X, accroit le risque de maladies cardiaques et de cancers, deux des principales causes de décès chez la population féminine.

"Ces résultats réaffirment le lien précédemment identifié entre la ménopause et le syndrome métabolique. Étant donné l'augmentation du risque cardiovasculaire associé au syndrome métabolique et le fait que les maladies cardiaques demeurent le « tueur numéro un » des femmes, cette étude souligne l'importance de l'évaluation des risques cardiovasculaires et des stratégies de réduction des risques chez la gent féminine après 40 ans", met en garde le Dr Stéphanie Faubion, directrice médicale du NAMS.


Diabète et maladie cardiaque : mieux prévenir les risques chez les femmes

L’age de l’arrivée de la ménopause et l'utilisation d’un traitement hormonal ont été identifiés comme des modificateurs possibles la relation existante entre ménopause et syndrome métabolique. Toutefois, des études supplémentaires sont nécessaires pour quantifier leur effet.

Par ailleurs, les auteurs de l’article soulignent que la connaissance des risques permet de mieux informer les femmes et de les aider à agir sur leur mode de vie pour prévenir le développement d’un diabète de type 2 ou de maladies cardiovasculaires.

Pour prévenir le syndrome métabolique et ses complications, les professionnels de la santé recommandent de : 

  • faire du sport : faites au moins 30 minutes d’activités (marche, vélo, natation...) quotidiennes, 5 fois par semaine ;
  • adopter une alimentation saine et équilibrée : privilégiez les fruits et légumes, les aliments riches oméga-3 (thon, saumon, noix…) et en oméga-9 (avocat, huile d’olive…) et éviter ceux riches en gras saturés (charcuterie, soda, plats préparés…) ; 
  • éviter l’alcool et le tabac ;
  • faire régulièrement des bilans de santé.

Maladies cardiovasculaires

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À la ménopause, la production d'œstrogène est stoppée. Or cette hormone sexuelle protège les femmes des maladies cardiovasculaires (crise cardiaque, AVC...). Par exemple, si elles ont 4 fois moins de risque de souffrir d’un infarctus lorsqu’elles sont réglées, après la ménopause, le risque est similaire à celui des hommes.

L'ostéoporose

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Les femmes ménopausées sont 2 à 3 fois plus susceptibles de souffrir d’ostéoporose que les hommes du même âge. C’est encore l’absence d'œstrogènes la responsable. Cette pathologie est caractérisée par une perte de tissu accélérée et entraîne un risque accru de fractures.

Des troubles du sommeil

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Plus de la moitié des femmes ménopausées souffrent de bouffées de chaleur. Elles surviennent souvent la nuit, et perturbent le sommeil. Entre ces épisodes et les difficultés psychologiques entraînées par la perte de fertilité, de nombreuses femmes ont un sommeil agité. Le manque de repos peut conduire aussi à des troubles de l’humeur.

Des rapports sexuels plus difficiles

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Avec la diminution progressive des œstrogènes, les femmes connaissent une sécheresse vaginale et une perte d'élasticité des tissus vulvo-vaginaux. Ces différents troubles peuvent rendre les rapports sexuels plus difficiles et douloureux… et par effet domino conduire à une perte de libido.

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Pilosité et peau

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La peau devient plus sèche et se fragilise, car la production de sébum n’est plus aussi important. Le système pileux évolue aussi : les cheveux se font plus rares ainsi que les poils sous les aisselles, sur les bras, les jambes ou encore les sourcils. Par contre, les hormones androgènes favorisent la pousse de poils dans des zones typiquement masculines comme la moustache.

Le syndrome métabolique

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Selon les données de la nouvelle étude, il faut aussi se méfier du syndrome métabolique. Il est ainsi important de veiller à avoir une alimentation équilibrée et une activité physique suffisante.

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Source : New study finds that menopause increases risk of metabolic syndrome, Eurekalert, 1er juillet 2020
Zoom sur le syndrome métabolique, Fédération Française de Cardiologie, 14 février 2020
Ménopause, Inserm, 16 novembre 2017