Enfants et adolescents : la vitamine D est à surveiller pour éviter le rachitisme !

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Sans vitamine D, pas d’os robuste. Si le rachitisme a quasiment disparu en France, c’est grâce à la supplémentation en vitamine D des laits infantiles depuis 1992. Mais aussi -on l’oublie encore trop souvent- à la supplémentation systématique de tous les enfants de moins de 5 ans, sans oublier les adolescents de 10 à 18 ans !

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Vitamine D

La vitamine D (calciférol) est synthétisée dans l’épiderme à partir d’une molécule, le 7-déhydrocholestérol, sous l’effet de rayons ultraviolets B (UVB). Mais la vitamine D peut aussi être fournie par l’alimentation, essentiellement des produits de la mer (poissons gras et crustacés).

Le lait de vache est une source de vitamine D uniquement lorsqu’il est artificiellement enrichi.

Pour être précis, il vaut mieux parler de cholécalciférol, ou vitamine D3, qui est la forme naturelle. C’est dans le foie que se produit la transformation de la vitamine D3 en une molécule exploitable par l’organisme pour fabriquer de l’os : le calcidiol.

Mais il se produit une autre transformation, cette fois-ci au niveau du rein. C’est la vitamine D2, cette fois, qui y acquiert les propriétés d’une hormone : elle régule les niveaux de phosphore et de calcium de l’organisme, essentiels à la minéralisation des os, c’est-à-dire pour qu’ils soient suffisamment calcifiés.

La bonne santé osseuse ne serait pas le seul intérêt de la vitamine D chez l’enfant. Des études évoquent un effet préventif de suppléments en vitamine D sur le diabète de type 1, les épisodes de sifflement expiratoire et les infections respiratoires aiguës. Néanmoins, les preuves manquent encore.

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La vitamine D, efficace contre le rachitisme mais victime de son succès

En cas non pas de simple déficit mais de réelle carence en vitamine D, le risque de rachitisme (maladie de la croissance et de l’ossification avec un retard à la position assise et à la marche etc.) existe. Il est devenu exceptionnel en France, principalement grâce à l’enrichissement des préparations pour nourrissons et de suite (ex-2ème âge, de plus de 4 mois jusqu'à 1 an), au début des années 90. Mais la supplémentation en vitamine D est victime de son succès : les recommandations officielles sont insuffisamment appliquées depuis la quasi-disparition du rachitisme carentiel. En 2005, 53,4% des enfants français âgés de 18 mois à 5 ans ne bénéficiaient pas de la supplémentation hivernale recommandée (5).

Pr Dominique Turck, chef de service de gastroentérologie pédiatrique à l'Hôpital Jeanne de Flandre (Lille) : « Le rachitisme reste très rare chez l’adolescent (1) avec plusieurs dizaines de cas en France, surtout chez des adolescentes à forte pigmentation cutanée et/ou porteuses de vêtements très couvrants, alors qu’il n’existe plus chez le jeune enfant au-delà de l’âge de 2 ans. Mais l’arrêt de la supplémentation systématique expose au risque de rachitisme carentiel (2-3), ce qui a été constaté dans plusieurs pays (Etats Unis) ».

L’exposition suffisante aux rayons du soleil est d’une quinzaine de minutes.

Un déficit en vitamine D est habituel en hiver en Europe, où tous les pays sont situés au-delà de 35° de latitude Nord. En France métropolitaine, qui est comprise entre 42° et 51° de latitude Nord, la photosynthèse par la peau de vitamine D s’effondre pendant 4 à 6 mois, de novembre à février-mars, les rayons du soleil étant trop tangentiels pour traverser la couche d’ozone. C’est notamment pourquoi de nombreux adolescents ont en hiver une concentration en vitamine D insuffisante.

Publié le 24 Octobre 2016 | Mis à jour le 19 Janvier 2017
Auteur(s) : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : (1) Arch Pédiatr 2004;11:871-8; (2) J Pediatr 2000;137:153-7; (3) Am J Clin Nutr 2004;80 (Suppl 6):1697-705; (4) La Vitamine D : une vitamine toujours d'actualité chez l'enfant et l'adolescent.
Voir + de sources
Mise au point par le Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie Archives de Pédiatrie 2012 ; (5) Communication orale (O.55). Congrès de la Société Française de Pédiatrie, Marseille, 11-14 mai 2011 ; (6) Avis de l’Efsa
D’après un entretien avec le Pr Dominique Turck, chef de service de gastroentérologie pédiatrique à l'Hôpital Jeanne de Flandre (Lille), membre du Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie