Endométriose : combien vous coûte la maladie ?

Une femme sur 10 souffre d’endométriose. Malheureusement pour elle, en plus des douleurs chroniques violentes, elle doit faire face à d’importantes dépenses. Selon une étude australienne, la pathologie coûte en moyenne 30 000 dollars australiens (18 397 euros) par an aux patientes et à la société.
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Grâce au travail des professionnels de la santé et de célébrités ayant osé parlé publiquement, l’endométriose sort de l’ombre. Cette maladie gynécologique, qui provoque de vives douleurs aux femmes, n’impacte pas uniquement leur quotidien. Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université occidentale de Sydney publiée le 10 octobre révèle que la pathologie coûte en moyenne 30 000 dollars australiens par an aux patientes et à la société. Cela représente 18 397 euros.

L’équipe explique dans le journal The Conversation “La plupart de ces dépenses ne sont pas liées aux médicaments, ni aux visites chez le médecin, bien que celles-ci jouent un rôle. Elles sont plutôt dues à la perte de productivité, car les femmes ne peuvent pas travailler - ou travaillent à un niveau d'efficacité moindre - tandis qu’elles éprouvent de fortes douleurs".


Endométriose : une perte de productivité coûteuse

Après avoir interviewé 407 femmes âgées de 18 à 45 ans, l’équipe australienne a déterminé qu’un cinquième de la somme moyenne globale était dépensé dans le secteur médical : médicament, consultations avec les médecins, visites à l'hôpital ou encore traitements pour la procréation médicalement assistée comme la FIV. Les frais de transport pour se rendre à ces différents rendez-vous ont également été comptabilisés.

La plus grosse perte d’argent (plus de 80%) - aussi bien pour les patientes que la société - provient de la baisse de productivité. En effet, cette maladie, où les douleurs sont chroniques et fortes, peut entraîner de nombreuses absences. Par ailleurs, les femmes atteintes d’endométriose qui viennent au bureau malgré leurs souffrances sont souvent moins efficaces.

Les malades ayant les plus peines les plus fortes, présentaient une perte de productivité 12 fois plus grande, en termes de temps de travail perdu, que celles se plaignant d’une souffrance minimale.

Par ailleurs, les femmes ayant des douleurs aiguës ont des coûts annuels six fois plus élevés (36 000 dollars australiens - 22000 euros) que celles souffrant moins (5 700 dollars australiens - 3500 euros).

Les chercheurs ont également estimé que le “fardeau économique” des patientes atteintes d’endométriose en Australie était de 6.50 milliards de dollars américains, soit 5,89 milliards d’euros.

L’endométriose : qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose est un syndrome gynécologique complexe. Il se traduit par un processus inflammatoire chronique dû à la présence de tissus semblables à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. Ils réagissent comme l'endomètre (la membrane qui tapisse l'utérus) et entraînent de fortes douleurs au moment des règles.

Les tissus peuvent s’installer au niveau de plusieurs organes : par exemple, le muscle utérin, les ovaires, le pelvis, la vessie ou encore le système digestif. Ils y provoquent des lésions, des adhérences ou encore des kystes.

L'endométriose peut se déclarer à n’importe quel âge. De plus, le temps de diagnostic peut être très long. L’INSERM, estime que les femmes doivent attendre entre 7 et 10 ans après l’apparition des premiers symptômes pour avoir un nom sur leur mal.

La maladie ne peut pas être guérie pour le moment. Les professionnels peuvent seulement œuvrer pour diminuer les douleurs des patientes. Le seul traitement recommandé actuellement pour mettre un terme à leur souffrance est de supprimer les règles en prenant par exemple la pilule en continu.

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