Mondial 2019 : les Américaines ont-elles gagné grâce à leurs règles ?

Publié le 16 Juillet 2019 à 17h25 par Sophie Raffin, journaliste santé
L'équipe de football féminine des États-Unis d'Amérique a remporté leur 4e titre mondial face aux Pays-Bas au Groupama Stadium de Lyon le 7 juillet dernier. Cette victoire au Mondial 2019 - organisé en France au début de l’été – ne doit rien au hasard. En plus de ses efforts sportifs, chaque joueuse suivait un programme d’entraînement et un régime adapté à ses règles.

L'équipe de football féminine des États-Unis d'Amérique est devenue championne du monde pour la 4e fois en battant celle des Pays-Bas 2 à 0. Pour parvenir à ce résultat, les 23 joueuses ont suivi un entraînement pensé en fonction de... leurs règles.

Leur entraîneuse Dawn Scott a confié au journal britannique The Guardian “un des problèmes dans le sport féminin est les cycles menstruels et leur impact sur les performances, la santé et les risques de blessures des joueuses”. Elle ajoute “Je connaissais les effets et les recherches depuis longtemps, mais en travaillant avec 23 joueuses, j'avais toujours du mal à savoir comment suivre cela, et comment individualiser les stratégies pour les athlètes”.

Les règles impactent l’organisme des footballeuses

Après avoir introduit différents éléments technologiques comme mesurer le rythme cardiaque des joueuses pendant l’entraînement ou encore développer un programme de nutrition et d'hydratation et suivre leurs cycles menstruels depuis 2016, la coach a voulu aller plus loin. Elle a fait ainsi fait appel au docteur Georgie Bruinvels du cabinet conseil sportif Orreco pour optimiser les performances des athlètes.

La scientifique explique "Historiquement, les joueuses ne parlaient pas de leurs règles avec les entraîneurs et le staff". Pourtant, ses recherches ont démontré que les différentes phases des cycles menstruels avaient un impact sur les performances sportives. “la phase pré-menstruelle et pendant les menstruations sont les pires. C'est le moment où les hormones diminuent et atteignent leur plus bas niveau”. Selon les recherches de Georgie Bruinvels, les ruptures du ligament croisé du genou sont plus importantes lors de la première moitié du cycle. Il est ainsi recommandé de prévoir un échauffement spécifique pour cette zone musculaire pendant cette période. Par ailleurs, le corps consomme plus de glucides en début de cycle et brûle plus de graisses lors de la seconde moitié.

Un programme personnalisé adapté aux cycles des joueuses

Ainsi, l’entraîneuse et la scientifique ont travaillé ensemble pour mettre au point un programme personnalisé à chaque joueuse. Pour cela, elles ont réalisé un rapport détaillé sur les cycles de l'équipe et déployé l'application de suivi FitrWoman. Ces innovations leur ont permis de déterminer le cycle moyen de chaque joueuse et les difficultés rencontrées aux différentes phases.

De plus, elles ont pu mettre en place des stratégies pour minimiser l'impact des règles sur les performances des joueuses (régime adapté, habitude de sommeil...). Georgie Bruinvels estime que ce travail a permis à l’équipe d'être proactive. Elle précise qu’"il n’existe aucune preuve qu’une personne ne puisse s’épanouir à tout moment de son cycle - si elle prend des mesures de manière proactive."

Lorsque l'on demande à l'entraîneuse qui chapeaute l’équipe depuis 2010, si ce nouveau programme a aidé l'équipe à gagner,  elle répond : ”Était-ce la recette ultime du succès ? Qui sait. C’était l’une des cents choses utiles que nous avons accomplies, oui - et pour moi, cela a eu un impact important.”

9 jours de productivité en moins à cause de leurs règles

Les règles n’impactent pas uniquement la vie des sportives. Des scientifiques néerlandais estiment que les femmes perdent 9 jours de productivité à cause de leurs règles douloureuses.

Près de 14% des 32 748 femmes âgées de 15 à 45 ans interrogées dans le cadre de cette recherche ont indiqué ne pas avoir été au travail ou en cours pendant leurs menstruations. Et, 3,4% ont déjà été absentes pendant toute la durée de leurs règles. 80% des sondées ont reconnu qu'elles étaient présentes mais moins productives en raison des souffrances ressenties. Selon l'étude parue dans le British medical journal fin juin, leur productivité diminuerait de 33% et conduirait ainsi à une perte de productivité de 8,9 jours par an.

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