Coronavirus : des masques de plongée Décathlon servent de respirateur

Face au nombre grandissant de malades du coronavirus, les services de réanimation des hôpitaux sont très souvent en flux tendu. La solution face au manque de matériel pourrait se trouver dans les rayons de Décathlon. Un médecin italien a eu l’idée de transformer les masques de plongée de la marque de sport française en pièce pour les respirateurs.
© Service de presse

Le masque de plongée Easybreath de Décathlon qui permet de respirer par le nez et la bouche lorsqu'on est sous l'eau, est idéal pour voir les fonds marins… et lutter contre le coronavirus SARS CoV-2, semble-t-il ! Le Dr Renato Favero, ancien médecin chef de l’hôpital de Gardone Vol Trompia (province de BresciaItalie), a travaillé avec l’entreprise Isinnova qui fabrique des valves d’urgence, pour transformer cet objet normalement dédié au loisir en support pour respirateur.

Le docteur et la société spécialisée en impression 3D ont imaginé une pièce qui permet de coupler ce masque de plongée intégral à un respirateur. L'entreprise transalpine explique dans un communiqué “Nous avons analysé la proposition du docteur et nous avons conclu que le masque Easybreath de Décathlon était celui qui se prêtait le mieux à nos exigences. Décathlon nous a répondus qu’ils en avaient des dizaines de milliers en magasin. Ensuite, nous avons imprimé en 3D les raccords nécessaires entre le masque et les tubes d’hôpital standard.”

L’enseigne de grande distribution de sport et de loisirs a confirmé sur Twitter “Ces derniers jours, nous avons, en effet, été sollicités par des centres de recherche, des hôpitaux, des universités dans plusieurs pays. Nous avons naturellement accepté de partager nos plans 3D et nos informations techniques aux projets les plus sérieux et avancés”.

500 masques commandés pour lutter contre la COVID-19

L'adaptateur pour le respirateur imprimé en 3D remplace tout simplement le tuba. Selon le journal Corriere della Sera, le prototype a été testé avec succès au sein de l’hôpital de Chiari. La protection civile de Brescia a passé selon la presse transalpine une commande 500 masques Easybreath. 

Toutefois, les concepteurs précisent que cette innovation n’a pas été certifiée par les autorités médicales. Ainsi, les patients doivent signer une déclaration d’acceptation écrite avant d’en bénéficier. Ils rappellent également que son utilisation doit se faire qu’en cas de "besoin impératif".

Ils ajoutent "nous avons décidé de breveter la valve pour éviter toute spéculation pécuniaire future. Toutefois, le brevet restera libre d’utilisation, car nous voulons que tous les hôpitaux dans le besoin puissent l’utiliser si nécessaire. Ils pourront ainsi acheter le masque Décathlon, et entrer en contact avec les entreprises locales d'impression 3D capables de réaliser la pièce".


Il ne faut surtout pas modifier son masque soi-même

Décathlon a confirmé qu’elle avait été contactée par des professionnels de santé italiens, mais également français “Nous ne sommes pas médecins, et nous n’avons pas les compétences pour appuyer un usage dans le domaine médical, mais nous nous tenons à la disposition des centres de recherche”. 

Toutefois, elle précise “Nous rappelons que l’Easybreath est un masque qui a été conçu uniquement pour faire du snorkeling”. Il ne protège donc pas du nouveau coronavirus venu de Chine. Il est ainsi risqué de l'utiliser à cet effet ou encore de modifier le masque soi-même. Toutes les transformations du masque et utilisations dans un but médical doivent être réalisées sous la supervision de professionnels de santé.

Vidéo montrant la transformation du masque de plongée en respirateur 


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