Ménopause : les secrets du traitement hormonal

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 21 Mai 2007 : 02h00
Mis à jour le Mardi 14 Juin 2011 : 10h56
La ménopause est un grand tournant dans la vie des femmes. Elle annonce la fin de la fertilité, s'accompagne d'un risque accru d'ostéoporose et de symptômes plus ou moins gênants comme les bouffées de chaleur. S'informer est le meilleur moyen d'apprivoiser les changements, notamment avec le traitement hormonal substitutif, et de bien vivre cette période.

1) La ménopause est une maladie féminine.

Faux.

La ménopause n'est pas une maladie. C'est un phénomène naturel auquel sont confrontées toutes les femmes vers la cinquantaine et qui correspond à l'arrêt de la sécrétion hormonale par les ovaires (estrogène et progestérone). La survenue de la ménopause s'accompagne pour la grande majorité des femmes de symptômes plus ou moins gênants, voire parfois handicapants, dont les plus connus sont les bouffées de chaleur. Pour atténuer les symptômes sévères, une façon d'y remédier consiste à compenser l'arrêt de la production des hormones par un traitement hormonal substitutif, le THS.

2) Toutes les femmes ménopausées doivent prendre un THS.

Faux.

Selon les recommandations de l'Agence française de sécurité des produits de santé (Afssaps), le THS doit être prescrit à la dose efficace la plus faible et seulement aux femmes présentant des symptômes gênants de la ménopause : bouffées de chaleur, troubles de l'humeur, sécheresse vaginale, problèmes de peau, troubles urinaires, du sommeil, prise de poids, etc. Et ce, uniquement tant que durent les symptômes.

3) Le THS augmente le risque cardiovasculaire.

Faux.

Certes, les premiers résultats fortement médiatisés d'une étude américaine ont annoncé une augmentation du risque cardiovasculaire chez les femmes prenant un THS. Mais ces données n'étaient pas extrapolables aux femmes françaises. Depuis, une étude française a bel et bien démontré que le THS, tel qu'il est prescrit actuellement en France, n'augmente pas le risque cardiovasculaire et inversement le diminue. Ainsi en pratique, et selon le principe de précaution, le THS est à réserver aux femmes souffrant de symptômes sévères.

4) Le THS offre une protection contre l'ostéoporose.

Vrai.

À partir de la ménopause, le risque d'ostéoporose augmente fortement car la protection hormonale, qui conférait jusqu'alors une protection contre cette maladie, s'arrête. Le THS, en plus de supprimer les bouffées de chaleur et les autres symptômes, a aussi cet avantage de prévenir l'ostéoporose.

5) Le THS augmente très légèrement le risque de cancer du sein.

Vrai.

Cette augmentation est faible et ne remet pas en cause le rapport bénéfices/risques du THS. En effet, ce dernier interrompt les symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, irritabilité, troubles sexuels), prévient l'ostéoporose et diminue le risque cardiovasculaire. Par ailleurs, l'instauration d'un THS implique un suivi régulier des femmes et les incite davantage au dépistage du cancer du sein.

6) Une fois le THS instauré, il ne faut pas l'arrêter.

Faux.

Il est recommandé d'arrêter le THS dès la disparition des symptômes de la ménopause. Pour le savoir, après quelques années et selon les femmes, les doses du THS sont progressivement diminuées.

7) Le risque de cancer du sein dépend de la progestérone contenue dans le THS.

Vrai.

En 2004, une étude française trouve une augmentation du risque de cancer du sein avec tous les types de THS, sauf un, celui contenant de la progestérone micronisée, soit l'Utrogestan®. Ce ne sont donc pas les oestrogènes qui conditionnent l'augmentation du risque de cancer du sein mais les progestatifs. D'autres études ont innocenté un autre progestatif : la dydrogestérone, soit le Duphaston®. Ainsi, les choses sont très claires vis-à-vis du cancer du sein : le risque varie selon le progestatif contenu dans le THS.

8) Les phytoestrogènes sont une alternative simple et naturelle au THS.

Faux.

Les phytoestrogènes sont des molécules extraites de végétaux, capables de s'arrimer sur les récepteurs aux oestrogènes. Scientifiquement, aucune preuve n'a pu être apportée quant à leur efficacité contre les symptômes de la ménopause. Il semblerait toutefois qu'ils atténuent les bouffées de chaleur et les suées. Chez certaines femmes, ces composés peuvent donc apporter un soutien.

9) Le THS peut améliorer la mémoire.

Vrai.

Une étude américaine présentée il y a quelques années au 59e Congrès annuel de l'American Academy of Neurology, montrait que la prise d'hormones d'estrogènes réduit d'environ 50% le risque de développer une démence. Mais cette relation n'est valable que lorsque le THS est pris avant l'âge de 65 ans. Au-delà, c'est l'effet inverse qui s'observe. A suivre donc...

10) La ménopause peut être responsable de cystites à répétition.

Vrai.

L'arrêt de la sécrétion des estrogènes peut s'accompagner d'une vulnérabilité urinaire car ces hormones sont essentielles à la bonne résistance aux germes de la vessie. Ainsi, les troubles urinaires font parties des symptômes de la ménopause.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 21 Mai 2007 : 02h00
Mis à jour le Mardi 14 Juin 2011 : 10h56
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