Ménopause : le traitement hormonal n'augmente pas le risque de cancer du sein

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 04 Février 2008 : 01h00
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Le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) fait encore peur. Les femmes hésitent toujours à y recourir. Les résultats d'une nouvelle étude typiquement française rétablissent la confiance autour de ce traitement de la ménopause.

Traitement hormonal de la ménopause : existe-t-il un risque de cancer du sein ?

Après la médiatisation d'une étude américaine suggérant que le traitement hormonal substitutif de la ménopause est lié à une augmentation du risque de cancer du sein, 32% des 2 millions de femmes françaises ménopausées prenant un THS l'ont arrêté par crainte des effets secondaires éventuels de celui-ci. Depuis 2002, cette tendance à l'abandon du THS s'est poursuivie.Pour rétablir la confiance, il fallait réaliser une étude portant exclusivement sur une population représentative des femmes françaises ménopausées. En effet, l'étude américaine en question portait sur une population très différente : les femmes étudiées et traitées par le THS avaient un âge moyen élevé (63 ans), un poids moyen très élevé et la composition du THS ne correspondait pas à celui qui est classiquement prescrit en France.

Nouvelle preuve française réhabilitant le traitement hormonal de la ménopause

Cette étude française s'appelle MISSION et a été réalisée par la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale. Elle a porté sur 6.000 femmes ménopausées à 50 ans en moyenne. Leur indice de masse corporelle était compris entre 24 et 25. La majorité des femmes sous THS (76%) prenaient une association d'estradiol et de progestatif (progestérone naturelle). La durée du THS était de 8 ans en moyenne. Les premiers résultats montrent que les femmes françaises qui ont pris un THS en début de ménopause n'ont pas d'augmentation du risque de cancer du sein. On constate qu'il n'y a pas non plus d'augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes prenant un THS composé uniquement d'estradiol. En revanche, ce risque est accru chez les femmes prenant un THS contenant de la progestérone de synthèse, comme celle qui était majoritairement utilisée dans les THS de l'étude américaine.

En conclusion, les femmes françaises n'ont rien à craindre du THS ni du côté cardiovasculaire (comme cela a déjà été démontré) ni du côté du cancer du sein. Ce traitement, tel qu'il est pratiqué en France (progestérone naturelle) est recommandé à toutes les femmes en début de ménopause qui souffrent des symptômes classiques dits « climatériques » : bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, trouble de l'humeur, du sommeil, etc.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 04 Février 2008 : 01h00
Source : Espié M. et coll., Gynecol. Endocrinol., 23 : 391-7, 2007.
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