Intoxication au mercure : quels sont les risques ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 17 Décembre 2007 : 01h00
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Le mercure fait partie des métaux lourds, lesquels sont toxiques au fur et mesure qu'ils s'accumulent définitivement dans l'organisme. Certains poissons en renferment des quantités non négligeables, mais on trouve également du mercure dans les amalgames dentaires. Une fois de plus, cette question a été soulevée lors du dernier congrès anti-aging.

Entretien avec le Dr Catherine de Goursac* en direct du congrès anti-aging, communication de Vera Stejskal (Suède), octobre 2007.

Les amalgames dentaires contiennent du mercure

Les amalgames sont dangereux particulièrement lors de la pose et au moment où on les enlève, car ils rejettent énormément de mercure. Mais c'est également le cas à chaque fois que l'on mâche. Autrement dit, tous les mâcheurs de chewing-gums renvoient un peu de mercure. Le mercure passe dans le corps par l'intermédiaire de la salive, mais aussi parfois par la racine d'une dent dévitalisée si l'amalgame est placé profondément. Le problème est que notre système de défense n'est pas capable de métaboliser les métaux comme le mercure. Celui-ci se dépose donc progressivement dans votre organisme et ne peut plus être délogé. Il s'accumule. Or tous les métaux lourds sont toxiques. Afin de palier ce sérieux problème, de plus en plus d'implants biocompatibles sont mis au point. Aujourd'hui en France, nous disposons d'amalgames (qui contiennent du mercure) ou de composites (exempts de métaux lourds). L'intérêt de l'amalgame est qu'il dure environ 10 ou 15 ans alors que les composites durent entre 4 et 6 ans. Or à chaque fois que l'on remplace un composite, il faut racler un peu plus la dent afin d'appliquer la colle sur les parois de la dent. Ainsi, une personne qui bénéficie d'un composite pour soigner une carie à l'âge de 15 ans, devra le changer tous les 4/6 ans et à chaque fois, on lui ôtera une petite partie supplémentaire de sa dent. C'est un peu gênant. Certains stomatologues posent environ 9 composites pour 1 amalgame. A savoir également que l'on ne pose pas un amalgame chez un enfant ou une femme enceinte.Le mercure représenterait également un risque immunologique, c'est-à-dire qu'il pourrait être à l'origine d'allergies et de maladies auto-immunes. Globalement, ce qui est dangereux avec le mercure, c'est l'exposition lente, chronique et à faible dose.

Comment se prémunir d'une intoxication au mercure ?

J'ai entendu parler d'un test dénommé Melisa qui permettrait de doser le taux de mercure présent dans l'organisme. En revanche, je ne sais pas s'il a été validé en France. Sinon, il existe une série de symptômes généraux indiquant une intoxication au mercure : migraines, troubles gastro-intestinaux, paresthésies (troubles de sensibilité, fourmillements), troubles visuels, désordres mentaux... On peut également demander à son dentiste d'indiquer la quantité d'amalgames que l'on a dans la bouche et de privilégier des composites lorsqu'une dépose est nécessaire. Aux États-Unis, certains dentistes n'hésitent pas à prescrire des complexes chélateurs 3 jours avant et 3 jours après le moment d'enlever l'amalgame, afin de piéger le mercure qui est largué lors de cette opération. Ils sont aussi parfois recommandés aux personnes qui consomment beaucoup de sushi et qui accumulent ainsi beaucoup de mercure dans leur organisme. Les chélateurs fixent le mercure, lequel est alors éliminé dans les urines.Les chélateurs, comme l'EDTA, couramment employés aux USA, sont interdits en France. Il existe cependant des chélateurs naturels que sont l'ail et la coriandre.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 17 Décembre 2007 : 01h00
Source : Congrès anti-aging, octobre 2007.
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