Allergique : n'oubliez pas vos kits d'urgence au frigidaire !

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 19 Juin 2000 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 01 Septembre 2016 : 17h02
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Certaines allergies peuvent être gravissimes, notamment celles qui concernent les aliments (comme les arachides), celles qui sont dues au latex ou encore celles qui sont provoquées par des piqûres de guêpe. Dans ces cas, un choc anaphylactique est à craindre et les patients doivent idéalement toujours avoir sur eux un kit d'urgence, à base d'adrénaline.

Une réaction allergique redoutable

Le choc anaphylactique est une défaillance générale, potentiellement mortelle, qui survient en cas de réaction allergique massive. Dans une réaction classique, il est constamment observé une libération d'histamine qui provoque une vasodilatation locale dans le but de favoriser la diffusion des anticorps et des cellules immunitaires. Parmi les médicaments anti-allergiques les antihistaminiques ont ainsi une place de choix. Dans le cas d'un choc, la vasodilatation est si intense qu'elle perturbe la circulation générale et stocke le sang à la périphérie. Le cœur pompe dès lors dans le vide et la tension artérielle s'effondre. La libération massive d'histamine est aussi responsable d'une bronchoconstriction qui, en réduisant le calibre des bronches, entraîne une asphyxie gravissime.

L'antidote est alors une injection d'adrénaline, substance sécrétée par nos glandes surrénales en cas d'agression et qui contrebalance les effets de l'histamine. L'adrénaline induit ainsi une vasoconstriction périphérique qui ramène notamment le sang dans la circulation générale, une bronchodilatation qui permet de mieux respirer et une stimulation directe du muscle cardiaque qui devient plus efficace. Ceci explique pourquoi les médecins recommandent à leurs patients allergiques de toujours disposer d'un kit d'adrénaline qu'ils pourront s'auto-injecter ou se faire administrer en cas d'urgence.

Des signes cliniques impressionnants

Les signes cliniques du choc allergique sont faciles à repérer dès lors que le risque est connu. Il s'agit le plus souvent de démangeaisons, d'un gonflement des lèvres, d'une gêne respiratoire, d'une oppression de la poitrine, de sueurs profuses. Le patient peut éprouver ensuite un malaise important qui l'empêche rapidement de se tenir debout. Sa peau devient marbrée, son faciès est livide voire grisâtre. Son pouls est filant et de toute évidence il se passe quelque chose de grave. La peur de mourir peut être forte et l'anxiété à son paroxysme.

Dans l'affolement naturel qu'entraîne ce type de situation, il faut à tout prix procéder avec méthode. La première urgence est d'allonger le patient par terre (pas sur un lit, qui est trop mou pour pratiquer un éventuel massage cardiaque. Il faut le couvrir et lui surélever les jambes. Les jambes représentent en volume près de la moitié du corps et de ce fait leur élévation peut faire descendre du sang dans la circulation générale et soutenir le cœur. Il faut ensuite appeler le 15 (numéro du SAMU) et il suffit que les urgentistes entendent deux mots pour comprendre la gravité de la situation : "choc" et "allergique". En attendant que l'ambulance arrive, ils resterons au téléphone avec vous pour vous expliquer calmement comment procéder à l'injection d'adrénaline : vous pourrez ainsi agir en exécutant les recommandations qui vous seront faites, si cela s'avère nécessaire.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 19 Juin 2000 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 01 Septembre 2016 : 17h02
Source : Sadana A et al. BMJ 2000 ;320 :937. Sheikh A et Alves B. BMJ, 2000 ; 320 : 1441.
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