Allergies : quand la désensibilisation se fait sous la langue...

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 05 Décembre 2005 : 01h00
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 14h58
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La désensibilisation représente un traitement efficace pour certaines allergies. Mais en raison de ses contraintes et dangers, une nouvelle voie a été développée : la voie sublinguale. Encore peu connue, elle présente beaucoup d'avantages et des indications très précises.

Désensibilisation : après les injections, la voie sublinguale

La désensibilisation ou immunothérapie spécifique vise, par l'administration de doses progressivement croissantes d'allergène, à induire un état de tolérance vis-à-vis de l'allergène.

Autrefois, le traitement consistait uniquement à injecter en sous-cutanée des doses de l'allergène pour lequel le patient est sensibilisé. Cette technique présente quelques inconvénients, comme la nécessité d'injecter l'allergène, ce qui n'est pas dénué de danger, ou l'obligation pour le patient de se rendre à chaque fois dans un cabinet médical ou en milieu hospitalier, justement en raison des réactions susceptibles de survenir au cours des injections. Il faut reconnaître que cette méthode est très efficace, mais parfois dangereuse. C'est ainsi que la survenue d'accidents anaphylactiques sévères a conduit à rechercher d'autres techniques, et notamment d'autres voies d'administration.

C'est ainsi que la désensibilisation sublinguale est apparue. Elle consiste à déposer sous la langue des quantités rapidement croissantes de l'allergène en cause, sous forme de gouttes ou de comprimés. Les concentrations d'allergène sont bien supérieures à celles utilisées dans la désensibilisation par voie injectable et la dose optimale est vite atteinte (15 à 20 jours). Cette méthode s'est révélée presque aussi efficace que la désensibilisation classique. De plus, les réactions secondaires étant très rares, sinon de faible intensité, ce traitement peut être réalisé à domicile et chez des enfants.

Désensibilisation sublinguale : les conditions de prescription

  • Etre certain de la relation entre l'exposition à l'allergène pour lequel on prévoit de désensibiliser et les symptômes.
  • Impossibilité de réduire efficacement l'allergène en cause dans l'environnement (éviction).
  • Traitement médicamenteux simple inefficace en raison de la sévérité de la maladie.
  • Engagement du patient à une très bonne observance à la désensibilisation sur le long terme.

    En effet, le traitement doit être poursuivi sur plusieurs années, trois ans en moyenne.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 05 Décembre 2005 : 01h00
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 14h58
Source : Dossier de presse Asthme & Allergies, 12e états généraux de l'asthme et de l'allergie, 26 novembre 2005.
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