De l'ail pour réduire le cholestérol : vrai ou faux ?

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 20 Novembre 2000 : 01h00
Mis à jour le Jeudi 05 Mars 2015 : 16h44
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Nombreuses sont les études ayant vanté les mérites de l'ail dans le traitement de l'hypercholestérolémie. Or, une analyse tend à montrer que les effets hypolipémiants de l'ail sont certes réels, mais très modestes. La valeur de cet aliment pour réduire le taux de cholestérol serait donc à relativiser.

Quels sont les effets de l'ail sur le taux de choelstérol ?

Une équipe anglaise a analysé les résultats de nombreux essais cliniques portant sur l'efficacité de l'ail dans le traitement de l'hypercholestérolémie (excès de cholestérol). Il s'avère que l'ail par rapport à un placebo réduit significativement la concentration de cholestérol total. Mais en revanche, lorsque les études tiennent compte de la qualité globale de l'alimentation, le bénéfice de l'ail tend à disparaître. En effet, avec un régime alimentaire d'excellente qualité, la différence entre l'ail et le placebo s'annule.

Ainsi, l'effet de l'ail reste très modeste face une alimentation de bonne qualité. Son utilisation dans le traitement de l'hypercholestérolémie est donc discutable.

Pratiquement, qu'entend-on par hypercholestérolémie ?

Il s'agit d'une augmentation anormale du taux de cholestérol dans le sang. Pour en établir le diagnostic il est indispensable d'effectuer au moins deux dosages de cholestérol dans le sang à un mois d'intervalle. Il y a hypercholestérolémie à partir de 2,5 g par litre.

En dessous, un patient est considéré hypercholestérolémique s'il présente deux des facteurs de risque associés : sexe masculin, hypertension artérielle, tabagisme, diabète, antécédents familiaux, taux de HDL cholestérol bas.

L'élévation tient compte d'une augmentation normale de la cholestérolémie avec l'âge qui à partir de 30 ans est d'environ 0,1 g par litre pour chaque dizaine d'années.

En cas de doute, les deux variétés de cholestérol sont dosées séparément : le HDL cholestérol, qui protège contre le risque de maladies coronariennes, et le LDL cholestérol qui inversement l'accroît.

Même si à court terme l'hypercholestérolémie ne se traduit par aucun symptôme, elle se complique au cours du temps par de l'athérosclérose (épaississement de la paroi des artères).

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 20 Novembre 2000 : 01h00
Mis à jour le Jeudi 05 Mars 2015 : 16h44
Source : Stevinson. Ann. Intern. Med., 2000, 133 : 420-429.
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