Trop de poids, trop de cancer

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 25 Août 2014 : 11h12
Mis à jour le Lundi 01 Septembre 2014 : 09h07
© Istock

Le surpoids augmente le risque de faire un cancer.

Cette notion était déjà ressortie de plusieurs études. L’intérêt de ce nouveau travail britannique est qu’il porte sur le suivi de plus de 5 millions de personnes et permet pour la première fois de quantifier ce risque.

A l’échelle d’une population dont le poids moyen est élevé, perdre 2 à 3 kg pourrait diminuer le nombre des nouveaux cancers de l’ordre de 5 %.

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L’excès de poids participe à la formation des cancers, processus qui est connu depuis une dizaine d’années. D’une manière générale, trop de poids favorise tant le diabète que les maladies cardiovasculaires, les cancers et les maladies dégénératives.

Mais si cette tendance était observée, elle n’était pas vraiment quantifiée. S’agissant des cancers, s’agit-il d’un facteur de risque majeur ?

Augmentation du risque pour certains cancers

Pour répondre à cette question, une équipe de recherche britannique a recueilli l’indice de masse corporelle (IMC) de 5,24 millions de personnes chez qui 166.955 cancers ont été détectés. Rappelons que l’IMC se mesure en divisant le poids en kilogrammes deux fois par la taille en mètre (Ex : 65 kg / 1,70m / 1,70m = 22,5 kg /m2). Il en ressort que l’effet du poids est très variable selon les cancers en cause. Chaque augmentation 5 kg/m2 de l’IMC entraîne ainsi une augmentation de 62% des cancers de l’utérus, de 31 % de la vésicule biliaire, de 25 % du rein, de 19 % des cancers du foie, et de 10 % des cancers du col de l’utérus, de l’ovaire, du côlon, de la thyroïde, et des leucémies. Ces augmentations sont très significativement liées au poids.

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C’est ainsi que les auteurs concluent que 41 % des cancers du col de l'utérus et 10 % ou plus des cancers de la vésicule biliaire, du rein, du foie, et du côlon pourraient être imputables à l'excès de poids.

A contrario, l’effet du poids serait modéré pour les cancers du sein (plutôt protecteur avant la ménopause et négatif ensuite), et sans effet sur ceux de la prostate et du poumon.

Un risque modéré par rapport à celui du tabac et de l’alcool

Reste que cette participation moyenne de 10 % du surpoids dans le risque de faire un cancer est bien en deçà des augmentations liées au tabac et à l’alcool. Ceux-ci peuvent être responsables par exemple de 90 % des cancers du poumon et de la majorité des cancers des voies aériennes supérieures.

En pratique, c’est toujours la combinaison des risques qui est la plus redoutable : surpoids + tabac + alcool = risque majeur sur tous les plans.

Toujours en pratique, si votre IMC est supérieur à 25 kg/m2, perdre 2 à 3 kg sera très utile. Cela peut se faire en une année en buvant un verre d’alcool de moins par jour, soit 70 calories par verre. Une manière simple de gagner sur les deux plans !

Source : Krishnan Bhaskaran et al. Body-mass index and risk of 22 specifi c cancers: a population-based cohort study of 5·24 million UK adults. Published online August 14, 2014 http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(14)60892-8

Mots-clés : Surpoids, Obesite, Cancer
Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 25 Août 2014 : 11h12
Mis à jour le Lundi 01 Septembre 2014 : 09h07
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