Travailler debout peut vous faire perdre les calories

Publié le 14 Juin 2019 par Sophie Raffin, journaliste santé
Pour ceux qui n'ont pas un métier manuel, la vie de bureau peut être extrêmement sédentaire. Mais, il existerait une solution simple pour brûler des calories : travailler debout. Une étude montre que certaines personnes dépensent plus d'énergie en restant debout. Toutefois, malheureusement, nous ne tirons pas tous autant de bénéfices de cet exercice simple.
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Il serait peut-être bon d'aller voir votre service DRH pour demander un standing desk (bureau debout). En effet, travailler debout peut faire dépenser beaucoup d'énergie à notre organisme... et donc perdre des calories. Toutefois, cette position est plus bénéfique à certaines personnes que d'autres.

Une étude scientifique, menée à l'Université de Grenade (Espagne), a révélé que nos corps ne réagissent pas tous de la même manière au changement de position. Après avoir demandé à 55 jeunes adultes de s'allonger, s'asseoir et rester debout pendant 15 minutes, l'équipe a découvert qu'il existait deux types de personnes : les dépensiers (spenders) et les économes (savers).

Ainsi les dépensiers brûlent plus de calories en modifiant leur position ou en restant debout tandis que les économes enregistrent peu ou pas de changement.

L'auteur principal de la recherche, Francisco José Amaro-Gahete, a précisé au site internet Inverse “Le terme de dépensier se réfère aux personnes qui montrent une hausse significative de dépenses d'énergie, par exemple plus de 5% entre deux positions (couché vs assis ou assis vs debout), et les économes correspondent à ceux qui ne montrent pas de changement de dépenses d'énergie entre deux positions”.

Il a aussi été déterminé que 7 personnes sur 10 (71%) sont des “économes”.

On brûle plus de calories debout

Le scientifique a mesuré de grandes différences entre les deux groupes quand il a analysé les différents aspects des dépenses énergétiques comme les calories brûlées, le rythme cardiaque ou encore la respiration.

Tous groupes confondus, on brûle en moyenne 1,3 calorie par minute lorsqu'on est debout et 1,2 calorie par minute lorsqu'on est couché ou assis. Pour toutes les mesures, l'énergie utilisée est 10% plus importante en position debout. Toutefois, il existe des différences significatives entre les deux groupes distingués par cette étude.

En effet, les économes utilisent moins d'énergie que la moyenne lorsqu'ils passent de la position assise à debout, les dépensiers brûlent - pour leur part - 8,5% d'énergie en plus que la moyenne. Le même schéma s'observe pour la transition couché/debout ou couché/assis.

Pourquoi ces différences entre les Savers et Spenders ?

Le scientifique reconnaît qu'il faudra mener de nouvelles recherches pour déterminer précisément les raisons de ces différences entre les individus. Toutefois, ses premières observations lui permettent d'avancer une hypothèse. Les personnes ayant un pourcentage de masse graisseuse plus faible affichaient généralement une dépense énergétique plus importante lors des changements de position. En revanche, ceux qui ont une masse graisseuse importante, de leur côté, ne brûlent quasiment pas de calories.

“En ce sens, notre étude appuie l'argument selon lequel les individus ayant une masse corporelle plus faible ont une dépense énergétique moindre au repos (position couchée), mais présentent des différences de dépenses d'énergie plus importantes entre la position assise et la position debout car ils ont une plus faible efficacité énergétique".

Néanmoins, si on ne brûle pas tous la même quantité de calories en restant debout. Cette position présente des avantages pour tout le monde. En effet, passer sa journée assis à un bureau est très mauvais pour la santé.

Une étude australienne, publiée en avril dernier, a confirmé cette conclusion : déjà objet de plusieurs recherches. Après avoir suivi plus de 149 000 personnes âgées de plus de 45 ans pendant 9 ans, les scientifiques de l'université de Sydney ont découvert que chaque heure supplémentaire assis.e à un bureau au-delà de 6 heures par jour augmentait les risques de mourir de 4%.