Problème dentaire pendant la grossesse : quels médicaments prendre sans danger ?

Publié le 03 Février 2019 à 19h00 par Laurène Levy, journaliste santé
Les problèmes bucco-dentaires peuvent nécessiter la prise de médicaments. Antidouleurs, antibiotiques, anti-inflammatoires… quels sont ceux que la femme enceinte peut prendre sans risque pour son futur bébé ? Le point, avec les réponses du docteur Vianney Descroix, chirurgien-dentiste.
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Que faire lorsqu’un problème dentaire survient en pleine grossesse ? "Il existe beaucoup de croyances sur les soins et les médicaments chez la femme enceinte mais au cabinet du dentiste, la plupart des médicaments et des soins usuels sont autorisés pendant la grossesse" rassure le docteur Vianney Descroix, chirurgien-dentiste et chef de service à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Antibiotiques, AINS et antidouleurs

Malgré l’appréhension des professionnels de santé à soigner les femmes enceintes et, inversement, des femmes enceintes à se faire soigner pendant leur grossesse, il est essentiel pour les femmes de consulter à cette période de leur vie. Certes, "prendre un médicament quand on est enceinte n’est jamais anodin" rappelle le docteur Descroix et il faudra donc faire preuve d’une vigilance particulière surtout avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les antiépileptiques et les anticoagulants.

Parmi les traitements que prescrivent les dentistes, "seuls les AINS ne sont pas autorisés aux femmes enceintes" car ils représentent un risque de fœto-toxicité, en particulier au deuxième et au troisième trimestre de la grossesse. Outre ces substances, "les antibiotiques dentaires (amoxicilline et spiramycine le plus souvent) et les anesthésiants locaux ne représentent pas de danger pour le fœtus"constate le docteur Descroix.

Qu’en est-il des antidouleurs ? Le paracétamol peut être utilisé pendant la grossesse, à la dose la plus faible possible. "La prise de codéine est également possible à condition qu’elle soit prise de façon ponctuelle" avertit le chirurgien-dentiste. "Le danger d’une utilisation régulière est celle d’une accoutumance voire d’une addiction du bébé à la substance active : celui-ci risque alors de présenter un syndrome de sevrage néonatal, qui nécessitera une prise en charge du nouveau-né pour traiter sa dépendance" précise le spécialiste.

Risque accru de malformations entre la 3e et la 8e semaine

Si le risque de fœto-toxicité est présent tout au long de la grossesse, la période la plus à risque de malformations tératogéniques, c’est-à-dire dues aux médicaments, se situe entre la troisième et la huitième de grossesse car "c’est à ce moment que tous les organes internes du fœtus se forment", rappelle le docteur Descroix. Mais chez les femmes enceintes, en cas de doute sur la prise d’un médicament, "les dentistes et autres professionnels de santé ont toujours accès au centre de référence sur les agents tératogènes* (CRAT)" rassure enfin le chirurgien-dentiste.

*Tératogène : qui provoque des malformations chez l’embryon ou le fœtus.

Source : Conférence Les vrais / faux sur la santé bucco-dentaire pendant la grossesse et les premiers mois de l’enfant organisée par l’Association Dentaire Française, en présence du docteur Vianney Descroix, Chirurgien-dentiste et docteur en pharmacie - Service d’odontologie du Groupe hospitalier Pitié-Salpetrière (Paris), 30 novembre 2018.
Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT