Farines animales : je ne mangerai plus de poisson d’élevage !

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 18 Février 2013 : 10h05
Mis à jour le Lundi 25 Février 2013 : 21h19
© getty

L’Europe vient d’autoriser l’alimentation des poissons d’élevage par les farines animales. On nous explique que le risque du prion est derrière nous. Dont acte. Mais reste le problème de la pauvreté en oméga-3 de ces farines animales.

Pourtant la chair des poissons, réputée pour sa richesse en oméga-3, nécessite qu’ils mangent des aliments riches en oméga-3, dans le respect de la chaîne alimentaire du plancton. Dans le même temps une très belle étude française démontre que les oméga-3 sont indispensables à la prévention de la dégénérescence de la rétine ou dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Le lien malbouffe / santé se confirme.

L’Europe, pays de la malbouffe officielle ?

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C’est une notion très facile à comprendre : les oméga-3 sont indispensables pour notre bonne santé et on les trouve dans certaines huiles (comme celle de colza), et surtout, dans un monde naturel, dans la consommation des produits animaux.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que les oméga-3 sont contenus dans l’herbe sur terre et dans le plancton sous la mer.

C’est donc simple : la chair des bœufs qui mangent de l’herbe, et celle des poissons qui mangent du plancton, ou d’autres poissons nourris au plancton, sont naturellement riches en oméga-3.

Des viandes pauvres en oméga-3

La production quasi industrielle des animaux de boucherie nous a amenés à les nourrir, non plus avec de l’herbe, mais avec des tourtes de maïs et de soja, ou avec d’autres aliments tous pauvres en oméga-3. Aujourd’hui la chair de bœuf contient 6 fois moins d’oméga-3 qu’en 1960, ce qui est très faible.

Du coup, on nous expliquait qu’il fallait manger du poisson pour trouver ces fameux oméga-3. Et c’est vrai que les poissons en sont riches car leur chaîne alimentaire n’a pas encore été bouleversée.

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Ainsi tant les poissons sauvages que les poissons d’élevage se nourrissent aujourd’hui dans la chaîne naturelle du plancton, riche en oméga-3.

Contre la dégénérescence du cerveau et de la rétine

La dernière chose à comprendre est que les deux organes qui concentrent le plus d'oméga-3 dans l’organisme sont le cerveau et la rétine.

Déjà plusieurs études ont montré que la consommation de poisson est préventive de la dégénérescence du cerveau, par exemple de la maladie d’Alzheimer. Vous comprenez maintenant pourquoi.

Mieux : une très belle recherche française, menée par le Pr Eric Souied, vient de démontrer que plus la membrane de nos globules rouges était riche en oméga-3, plus on était protégé contre la survenue d’une dégénérescence de la rétine ou DMLA, maladie responsable de cécité.

Dans cette très belle étude, les gens atteints de DMLA d’un œil, arrivaient ainsi à sauver leur deuxième œil, rien qu’en prenant des oméga-3 tous les jours.

Cette décision européenne d’autoriser l’alimentation des poissons d’élevage par les farines animales va donc casser la chaîne alimentaire du plancton.

Les conséquences en seront potentiellement terribles.

Par exemple, on imagine facilement que celui qui aura le plus besoin d'oméga-3 dans sa vie est le bébé : dans le ventre de sa mère il doit se fabriquer un cerveau et de bons yeux.

Comment fera-t-il quand sa maman ne mangera plus de bons poissons ou de bonnes viandes ?

Dégâts en vue.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 18 Février 2013 : 10h05
Mis à jour le Lundi 25 Février 2013 : 21h19
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