Tous les lieux publics devraient être équipés de défibrillateurs

Publié par Dr Renaud Guichard, chirurgien le Samedi 24 Juin 2000 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 29 Juillet 2016 : 19h04
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Lorsqu'il y a une vingtaine d'années, le docteur Mirovsky, médecin américain, voit mourir un de ses amis d'un arrêt cardiaque par trouble du rythme (fibrillation ventriculaire), il a l'idée de mettre au point un appareil défibrillateur que l'on puisse implanter dans l'organisme de façon permanente afin qu'il agisse immédiatement pour rétablir le rythme cardiaque et éviter la mort subite.

Lorsque plus récemment, en France, un ancien ministre de la République meurt d'un arrêt cardiaque survenu en pleine séance de l'Assemblée Nationale, on déplore ne pas avoir eu sous la main un appareil défibrillateur qui aurait pu lui sauver la vie. A quelques années d'intervalle, ces deux histoires rappellent la gravité de l'arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire et la nécessité d'un traitement immédiat au moyen d'appareils défibrillateurs.

L'arrêt cardiaque : un problème de rythme.

Le cœur est un muscle qui se contracte à intervalles réguliers pour envoyer dans l'ensemble de l'organisme par le biais des artères, le sang oxygéné en provenance des poumons. Il pompe également par le biais des veines le sang utilisé par l'organisme et le renvoie vers les poumons pour qu'il soit oxygéné. Chaque battement cardiaque - que l'on peut percevoir en prenant le pouls- correspond à un cycle complet du sang dans l'organisme. Les oreillettes droite et gauche correspondent aux phases de pompage, et les ventricules droit et gauche aux phases d'éjection. Les contractions régulières du muscle cardiaque sont provoquées par de faibles courants électriques émis par des groupes de cellules à l'intérieur même du cœur. Ces courants électriques peuvent être enregistrés par un électrocardiogramme. Le « rythme » ainsi provoqué est normalement régulier et sa fréquence est autour de 60 battements par minute. Ce rythme peut être modifié par des éléments extérieurs comme une augmentation des besoins en oxygène lors d'un effort, ce qui provoque son accélération. Ces modifications sont physiologiques.

En revanche dans certaines conditions de souffrance du muscle cardiaque comme par exemple un rétrécissement des artères coronaires (les artères nourricières du cœur) les cellules responsables du rythme cardiaque peuvent être lésées et provoquer un rythme anarchique aboutissant à une véritable « crampe » du cœur. Il n'assure alors plus sa fonction et la mort est imminente. Cette « crampe » du muscle cardiaque est appelée fibrillation. Si la fibrillation touche les oreillettes elle est appelée fibrillation auriculaire et ne provoque en général pas d'arrêt cardiaque. Si elle touche les ventricules elle est appelée fibrillation ventriculaire et aboutit à la mort par arrêt cardiaque en l'absence de traitement.

L'intérêt des chocs électriques.

Certains arrêts cardiaques ne sont pas dus à un rythme anarchique des contractions mais à une inefficacité de celles-ci. Leur traitement requiert outre les gestes élémentaires de réanimation comme le massage cardiaque et le bouche-à-bouche, l'administration intra-veineuse d'adrénaline. Pour les arrêts par fibrillation il s'agit essentiellement de phénomènes électriques et outre les manœuvres de réanimation, il faut appliquer au cœur un choc électrique pour que toutes les cellules reviennent en phase et assurent un rythme régulier. Ce traitement ne souffre aucun délai.

Publié par Dr Renaud Guichard, chirurgien le Samedi 24 Juin 2000 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 29 Juillet 2016 : 19h04
Source : La Revue du Praticien n°1 Tome50 Janvier 2000 Manuel de Secourisme. Norbert Vieux â€' Flammarion Médecine Sciences Secourisme T3 : détresses circulatoires. Ouvrage collectif. Flammarion Médecine Sciences
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