Quelles sont les plantes qui ont révolutionné la médecine ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 31 Mars 2016 : 09h05
Mis à jour le Jeudi 07 Avril 2016 : 15h25
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L’histoire abonde de potions à base de plantes formulées par des médecins oubliés qui ont pourtant contribué à la plupart des traitements d’aujourd’hui. Certaines de ces recettes magiques sont farfelues, souvent utiles, voire toxiques et à l’origine de quelques empoisonnements célèbres plus ou moins intentionnels.

Le Dr Jacques Labescat* nous dévoile ici avec beaucoup d’humour, le parcours de ces médecins, les origines et les finalités de certaines de ces potions oubliées.

Le baume de Fioravanti : les premiers miraculés de la chirurgie

Au XVIe siècle, le baume de Fioravanti destiné à soigner les blessures de guerre des soldats a fait figure de révolution car à cette époque, on mourrait davantage des suites des blessures que des blessures elles-mêmes. Il en était de même lors des opérations, qui si elles sauvaient le malade, l’exposaient ensuite à de graves complications souvent mortelles.

Symbole de paix, le rameau de laurier sauce, tout comme celui d’olivier, était utilisé pour ceindre le front des généraux victorieux et des athlètes vainqueurs. À la fin du moyen-âge, les couronnes de baies de laurier ont servi à orner la tête des étudiants en fin d’études promus à gagner l’université, d’où le nom de baccalauréat, issue du nom latin des baies de laurier baca laurea

Avec ce premier baume cicatrisant qui est resté présent dans la pharmacopée française jusqu’en 1949, Fioravanti a inventé le premier « service après-vente chirurgical ». À la fois réparateur et antidouleur, celui-ci a soulagé et sauvé des milliers de blessés ayant réchappé aux opérations militaires et chirurgicales. Même François 1er a fait fabriquer par un moine ce baume pour sauver les arquebusiers blessés et infectés.

Entrent dans la composition de cette potion : gomme de lierre, bois d’aloès, clous de girofle, petite consoude, cannelle, noix de muscade, gingembre, et aussi et surtout des baies de laurier. En usage externe, la décoction de laurier sert à désinfecter les plaies, calmer les angines et les rhinopharyngites.

La potion du Dr Cabanis : un poison mortel quasi parfait

C’est le Dr Dubreuil, médecin du roi lui-même, qui aurait transmis de nombreux secrets de plantes, de formules… et aussi de poisons à Pierre Jean Gorges Cabanis, pourtant alors davantage passionné de littérature. Après de longues études de médecine, devenu le médecin et le nègre du conte de Mirabeau, il a fort probablement expérimenté une de ses potions sur son ami malade dans le but d’abréger ses souffrance. Les mêmes soupçons se portent sur lui lorsque le marquis de Condorcet est retrouvé mort empoisonné dans sa cellule, échappant ainsi à la guillotine. Cette même formule aurait failli aider Napoléon à finir dignement, si celle-ci n’avait pas été éventée… Un comble, le Dr Cabanis fut conduit au Panthéon des grands hommes huit jours après sa mort.

L’ingrédient fatal de la potion du Dr Cabanis est le datura stramonium (trompette de la mort, herbe aux sorcières…), une plante utilisée comme hypnotique par les faiseurs de zombis à Haïti, qui contient pas moins de 64 alcanoïdes, tous des poisons potentiels : accélération cardiaque, transpiration excessive, amnésie, perte de connaissance, délire, hallucinations. Il s’agit d’une des plantes les plus toxiques de la pharmacopée, aujourd’hui utilisée à doses très faibles pour ses propriétés calmantes contre certaines affections nerveuses, comme la maladie de Parkinson par exemple.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 31 Mars 2016 : 09h05
Mis à jour le Jeudi 07 Avril 2016 : 15h25
Source : * En collaboration avec le Dr Jacques Labescat, médecin, expert en phytothérapie et auteur du livre « Potions magiques de médecins oubliés », aux Editions Anfortas.
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