Comment savoir si c’est un syndrome de l’intestin irritable ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 22 Octobre 2015 : 11h15
Mis à jour le Lundi 15 Mai 2017 : 16h57

Certaines autres maladies partagent les symptômes typiques du syndrome de l’intestin irritable. En effet, les manifestations abdominales telles que les douleurs et les ballonnements peuvent aussi évoquer une maladie inflammatoire, une maladie cœliaque, voire un cancer colique. Alors, comment porter le diagnostic de syndrome de l’intestin irritable ? Le point avec le Pr Philippe Ducrotté, gastroentérologue au CHU Rouen.

Syndrome de l’intestin irritable ou maladie inflammatoire (MICI) ?

Les symptômes dont souffrent les personnes qui consultent pour troubles abdominaux sont les suivants : douleurs abdominales, ballonnements, troubles du transit, diarrhée ou constipation, ou alternance des deux. « Face à de telles plaintes, plusieurs diagnostics peuvent être discutés, dont celui de syndrome de l’intestin irritable, le plus fréquent puisqu’il touche jusqu’à 5% de la population française et plutôt des femmes, indique le Pr Philippe Ducrotté. Mais il peut s’agir aussi d’une pathologie organique, c’est-à-dire avec des lésions objectives du tube digestif. »

Cette possibilité est envisagée si à l’interrogatoire le patient rapporte des symptômes d’alerte de type amaigrissement et émissions de sang dans les selles. Ce sera également le cas en présence d’antécédent familial particulier de maladies inflammatoires, comme la maladie de Crohn. De la même façon, un antécédent familial de cancer du côlon fera évoquer une forme familiale de cancer digestif plutôt qu’un syndrome de l’intestin irritable. Enfin, la présence de diarrhées et de ballonnements peut également évoquer une maladie cœliaque, allergie au gluten.

Au final, on se retrouve avec 4 possibilités diagnostic : outre le syndromede l’intestin irritable, cancer colique, maladies inflammatoires ou une maladie cœliaque.

Quand procéder à des explorations complémentaires ?

Selon le Pr Ducrotté, d’autres critères sont à considérer, comme l’âge du patient notamment. « Par exemple, en deçà de 50 ans, la probabilité d’un cancer du côlon est beaucoup plus faible, tandis qu’il existe un premier pic de fréquence pour les maladies inflammatoires, entre 20 et 30 ans. L’examen clinique a aussi sa place, des signes locaux à la palpation de l’abdomen par exemple, évoquant une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. »

En cas de doute, on peut recourir à des explorations complémentaires : une endoscopie du tube digestif ou une prise de sang de « débrouillage » pour savoir si l’on est en présence d’un syndrome inflammatoire, d’une anémie, etc.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 22 Octobre 2015 : 11h15
Mis à jour le Lundi 15 Mai 2017 : 16h57
Source : En collaboration avec le Pr Philippe Ducrotté, gastroentérologue au CHU Rouen, membre de la Société française de gastroentérologie.
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