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Médecine du travail : les médecins aussi doivent s'y soumettre !

Médecine du travail : les médecins aussi doivent s'y soumettre !La réglementation en vigueur est très claire sur ce sujet, la médecine du travail s'applique à tous, y compris aux médecins eux-mêmes. Or 80% des médecins hospitaliers ne sont pas suivis du tout. Manque de temps ? Crainte du non respect de la confidentialité ? Négligence ? Sous-estimation des risques ?… Quelle qu'en soit la cause, cette attitude est à dénoncer, notamment en raison des risques non négligeables pour la santé des médecins et de leurs patients.

A l'hôpital, nombre de praticiens semblent totalement ignorer l'obligation de se faire suivre annuellement par la médecine du travail. Pourtant, le code du travail est très précis sur ce sujet et place sur le même plan l'ensemble du personnel hospitalier, médecins ou non médecins. Un des articles précise bien la nécessité d'un examen médical avant toute prise de fonction, et ensuite systématiquement chaque année.

Mais voilà, se soustraire à cette visite annuelle obligatoire n'est pas suivi de sanction. Ainsi, le directeur de l'hôpital, responsable en cas d'accident, ne dispose d'aucun moyen de pression. Ce sentiment d'impuissance est exprimé par les médecins du travail exerçant dans ce secteur public. Dans nombre d'hôpitaux, seuls 20% des médecins hospitaliers se plient à la médecine du travail. La majorité des convocations sont donc vaines et sans suite… Les jeunes praticiens seraient les moins réfractaires à l'idée d'être eux-mêmes examinés par un confrère.

Pourtant, les dangers du métier sont importants : conditions de travail éprouvantes, addictions, risques biologiques, chimiques, d'irradiations… Et les incidents sont nombreux : accidents d'exposition aux virus (piqûres, coupures, projections de sang…), tuberculose d'origine professionnelle, hépatites virales chroniques actives, allergies cutanées, syndromes dépressifs, etc.Les répercutions de ces affections ne sont pas négligeables. Ainsi, par exemple, le Conseil de l'ordre recommande d'éviter les gestes invasifs pendant la période où l'on est contaminant. Mais, diagnostic ou pas, il n'y a aucune obligation d'arrêter ses activités.

Une sous-estimation flagrante des risques

Si on ne peut exclure la crainte d'être examiné par un confrère, il y a de façon certaine, un manque de prise au sérieux des risques. En effet, les praticiens ne prennent pas toujours toutes les précautions qui s'imposent. Par exemple, lorsqu'un médecin se pique, il existe une procédure réglementaire comprenant un suivi sérologique en trois étapes, que tous ne respectent pas, malgré les convocations. Face aux radiations ionisantes, 30% des praticiens avouent ne porter aucune protection. Près d'un sur deux ne déclare pas systématiquement les accidents d'exposition du sang : manque de temps et risque jugé mineur. Les vaccins ne sont pas non plus systématiquement à jour.

De toute évidence, les règles de prévention ne sont pas suffisamment connues ou reconnues.A tel point que certains se posent la question de l'utilité de créer un comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail, spécifiquement médical.Dans tous les cas, des actions doivent être entreprises afin d'inciter à changer les comportements. Parmi celles-ci, doit également figurer l'augmentation des effectifs de la médecine du travail et une revalorisation de la profession.

Article publié par Isabelle Eustache le 17/05/2005
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Sources : Le Quotidien du médecin, 25 avril 2005.

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