Pénurie de médicaments : un risque d’atteinte aux droits des femmes

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a lancé une mise en garde. Les tensions d’approvisionnement sont fortes sur les médicaments destinés à la santé sexuelle des femmes et la contraception. Il s’inquiète particulièrement pour deux médicaments utilisées pour les IVG médicamenteux.
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Pendant le confinement, l’état avait mis en place des mesures pour que le "droit des femmes à disposer de leur corps ne soit pas remis en cause". Le dispositif pour freiner la propagation du coronavirus a été levé, mais les Françaises risquent toujours de voir leurs droits sexuels et reproductifs atteints, selon le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE).

Pénurie de médicament : les femmes sont particulièrement touchées

Dans sa mise en garde publiée le 27 mai 2020, le HCE explique “la crise Covid-19 a montré à quel point l’autonomie nationale, voire européenne, pour les médicaments était importante. Des médicaments, indispensables aux traitements des patient.es, ont été en rupture, mettant en jeu leur vie”. L’instance consultative met surtout en avant “Cette pénurie touche tout particulièrement les hormones féminines, mettant en péril la santé sexuelle des femmes et la maîtrise de leur fécondité”.

Toutefois, ces difficultés d’accès aux molécules utiles pour la santé de la gent féminine ne sont pas apparues en raison de la baisse de production pendant l’épidémie de Coronavirus. L’organisme créé en 2013 rappelle "cette crise est ancienne et les hormones féminines ont connu, dans les dernières années, des interruptions de production et de commercialisation très fréquentes". Par exemple, des pilules contraceptives courantes comme le Minidril, Adépal, Trinordiol ont été en rupture de stock pendant au moins six mois. De plus, des œstrogènes locaux n’ont pas été accessibles pendant un an. Certains sont d’ailleurs encore en rupture de fabrication.

Face au risque de pénurie de molécules essentielles pour la contraception ou les troubles féminins comme les bouffées de chaleur, le HCE rappelle aux pouvoirs publics l’importance de “s’organiser pour mieux contrôler et gérer la production et la commercialisation des médicaments nécessaires pour assurer la santé sexuelle des femmes et la maîtrise de leur fécondité”. Elle rappelle "la loi de financement de la Sécurité sociale (ndlr 2020) a introduit l’obligation de disposer d’un stock de sécurité de médicaments de quatre mois, disponible sur le territoire européen" et pointe du doigt "ces dispositions ne seront effectives qu’à partir du 30 juin 2020 et devront faire l’objet d’une grande vigilance".

Pénurie de médicament : la problématique des IVG

La problématique des potentiels manques de médicaments est particulièrement forte pour deux d’entre eux utilisés pour les avortements médicamenteux : le Mifépristone (« Mifégyne ») et le Misoprostol (« Cytotec »).En plus des traditionnelles questions économiques, les productions de ces molécules peuvent être perturbées par les interventions des mouvements anti-IVG. Le HCE remarque que le Mifépristone et le Misoprostol sont commercialisés par le même groupe pharmaceutique. "La production des médicaments utilisés pour les IVG médicamenteuses est dans les mains d’un seul producteur, le groupe Nordic Pharma, avec des risques de rupture de production et d’approvisionnement et de pression sur les prix", déplore le HCE.


Le HCE recommande ainsi "d’exercer un vrai contrôle sur ces produits, d’avoir des stocks d’au moins quatre mois pour les produits indispensables, de relocaliser la fabrication en Europe et en France et de garantir la production des médicaments non rentables en les nationalisant”.

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