Confinement : délai de l’IVG médicamenteuse à domicile prolongé, ce qu’il faut savoir

Face aux difficultés de déplacement et d’accès au soin des femmes en cette période de confinement, la Haute autorité de santé (HAS) a donné son feu vert au prolongement de l'accès à l'interruption volontaire de grossesse médicamenteuse (IVG) à domicile. Il est autorisé jusqu’à 9 semaines d'aménorrhée contre 7 avant l’épidémie. On fait le point sur le nouveau protocole.
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Afin de “garantir le droit des femmes à l’IVG” pendant l’épidémie de Covid-19, la Haute autorité de Santé (HAS) a autorisé d’étendre le dispositif d'interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile de 7 à 9 semaines d'aménorrhée. 

Confinement et IVG médicamenteuse à domicile : un nouveau protocole en place

Le nouveau protocole d’IVG médicamenteuse à domicile à la 8e et la 9e semaine proposé par la HAS a été validé par les organisations professionnelles des gynécologues et l’ANSM. Il repose sur la prise de deux molécules : un antiprogestérone (mifépristone) et une prostaglandine (misoprostol).

“Cette mesure est une bonne chose pour les femmes qui peuvent rencontrer des difficultés à avoir accès à l’IVG en milieu hospitalier en cette période d’épidémie”, confie le Dr Pia de Reilhac, gynécologue.

Par ailleurs, le secrétariat d'État chargé de l'égalité femmes-hommes a annoncé de son côté que les rendez-vous médicaux obligatoires pour une IVG médicamenteuse pourront être réalisés sous forme de téléconsultations. Si la patiente et le médecin l’estiment possible. Ces consultations en téléprésence peuvent être utilisées pour :

  • l’information sur la procédure et la remise des ordonnances ;
  • une consultation de prise du médicament qui arrête la grossesse (antiprogestérone) : en cas de téléconsultation, la femme pourra aller chercher le médicament en officine, en lien avec le médecin ou la sage-femme. Le 2e médicament (prostaglandine) devant être pris 36 à 48h après le premier ;
  • une téléconsultation de contrôle dans les 14 à 21 jours qui suivent.

Toutefois, les professionnels de la santé qui prescriront le traitement, doivent s’assurer que certaines conditions soient réunies au préalable. La patiente doit se trouver à moins d’une heure d’un établissement hospitalier et être en mesure de “le joindre ou de s'y rendre 24/24”.


IVG médicamenteuse à domicile : prise en charge de la douleur

L’organisation demande également aux professionnels de santé de prévoir une prise en charge “anticipée” de la douleur survenant lors de l’IVG à domicile par une prescription d’antalgiques.

Pendant l’épidémie, l’ibuprofène - "l’antalgique de référence dans l’IVG médicamenteuse" mais également pointé du doigt comme facteur aggravant face au COVID-19 - doit être remplacé par du “paracétamol associé à l’opium ou à la codéine”

“Il est important que les femmes soient averties de la douleur par leur médecin. Une IVG médicamenteuse peut être douloureuse”, prévient notre spécialiste.

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Source : Merci au Dr Pia de Reilhac, gynécologue et présidente de la FNCGM (Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale)
Réponses rapides dans le cadre du COVID-19 - Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) médicamenteuse à la 8ème et à la 9ème semaine d’aménorrhée (SA) hors milieu hospitalier, HAS, 9 avril