Pilule, THS : comment faire si son ordonnance est périmée pendant le confinement ?

Le confinement imposé face à la pandémie du Coronavirus SARS-COV 2 a été pris pour le bien de tous. Par contre, cette situation très contraignante pose de vraies problématiques pour la contraception et la prise en charge gynécologique. Comment faire si l’ordonnance de sa pilule ou de son traitement contre la ménopause (THS) est périmée pendant le confinement ?
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En raison d'un hasard malheureux du calendrier, de nombreuses femmes se retrouvent en plein confinement avec une ordonnance pour la pilule ou un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) périmée... et la faire renouveler est devenue un vrai parcours du combattant. Comment obtenir ses médicaments quand il est difficile, voire impossible, d’avoir un rendez-vous avec son gynécologue ou son médecin traitant ?

La pilule délivrée sans problème avec une ancienne ordonnance pendant l'épidémie SARS-COV 2

En prévision de ce genre de problème et pour éviter les "souvenirs" du confinement non désirés, le gouvernement a pris des dispositions pour permettre aux femmes qui le souhaitent, d’avoir accès à la pilule contraceptive directement en pharmacie

Le décret du 15 mars 2020 autorise les pharmaciens à délivrer leur contraception aux patientes dans l’impossibilité de faire renouveler leur ordonnance, sur la simple présentation de leur ancienne prescription pendant l'isolement imposé pour lutter contre la COVID-19

De plus, si la contraception est prise en charge par l’assurance-maladie en temps normal, le remboursement est maintenu. 

"Au-delà de ce dispositif, les pharmaciens ont déjà d'ordinaire la possibilité de délivrer la pilule pour 3 mois sur présentation d’une ordonnance périmée par deux fois. Ainsi, la prescription du médecin peut être prolongée jusqu'à 6 mois", explique Gilles Bonnefond, pharmacien et président de l’Union de Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO). "Celles qui seraient arrivées ou arriveront au terme de ces 18 mois pendant le confinement, n’ont rien à craindre. Elles pourront obtenir leur contraception. Comme le prévoit le décret, la pilule sera délivrée mois par mois jusqu'à la fin de la mesure".

Et en cas d’oubli de contraception, il est aussi possible d’aller chercher la pilule du lendemain. Olivier Véran, le Ministre des Solidarités et la Santé et Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, ont également indiqué qu’elle était disponible “comme contraception d’urgence” sans ordonnance en pharmacie. Ils ont ajouté que le gouvernement s’engage "même en période de pandémie et de confinement", à ce que le "droit des femmes à disposer de leur corps ne soit pas remis en cause".


Aucun souci, non plus, pour les traitements contre la ménopause

Les femmes ménopausées qui prennent un traitement hormonal substitutif (THS), ne risquent pas de voir ressurgir les bouffées de chaleur ou la sécheresse vaginale pendant le confinement. "Comme pour tous les traitements chroniques (diabète, hypertension….), nous pouvons donner les médicaments nécessaires mois par mois même si l’ordonnance n’est plus valide", explique le pharmacien. 

Le spécialiste assure "Vu la situation, il n’est pas question de laisser un patient sans traitement pendant cette période particulière".

Confinement : pas de risque de manque de pilules contraceptives

Gilles Bonnefond se veut rassurant “Les personnes qui suivent un traitement régulier, n’ont rien à craindre. Elles auront leurs médicaments. Les pharmacies restent ouvertes pendant toute cette période de confinement”.

Il ne faut pas, non plus, redouter les problèmes d'approvisionnement pour les traitements chroniques et tenter de faire des stocks. "En respectant bien la délivrance des traitements mois par mois, il n’y a pas de risque de pénurie des traitements chroniques. Le seul problème d'approvisionnement pourrait venir des fabricants, s’ils manquent de matière première. Mais nous n'en sommes pas là", soutient le pharmacien.

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Source : Merci à Gilles Bonnefond, pharmacien et président de l’Union de Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO).