Maladie de Lyme : ce que propose la Haute Autorité de Santé aux patients

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Les premières recommandations françaises sur la prise en charge de la maladie de Lyme ont été publiées. Elles structurent le parcours de soin des personnes qui ont été mordues par une tique.

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Il aura fallu du temps. Pour la première fois, ce 20 juin, des recommandations officielles structurent la prise en charge des personnes potentiellement contaminées par la maladie de Lyme, transmises par la tique.

Le risque reste toutefois mineur : seulement 5 à 10 % des animaux sont porteurs de la bactérie (Borrelia burgdorferi). Après une morsure, la probabilité d'une transmission est de 3 à 15 %, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), qui édite ces recommandations.

Ce document ne tranche toutefois pas sur les différentes polémiques en cours mais améliorent le parcours de soin. Sans pour autant faire consensus : la Société de pathologie infectieuse en langue française (SPILF) a refusé de valider ce texte. Elle est l'un des principaux partenaires de l'agence sanitaire.

Un parcours pour chaque forme

La borréliose de Lyme, plus connue comme la maladie de Lyme, est due à une bactérie transmise par la morsure d'une tique infectée. Le plus souvent (95 % des cas), la contamination se traduit par une forme simple, l'érythème migrant.

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Il s'agit d'une manifestation cutanée non douloureuse qui peut s'accompagner, dans certains cas, de douleurs, fièvre et fatigue. Que cette tache rouge soit localisée autour de la morsure ou sur de multiples zones du corps, l'examen clinique suffit le plus souvent à repérer une maladie de Lyme.

Les formes dites "disséminées" posent davantage de problème, reconnaît la HAS. Elles surviennent "quelques semaines voire plusieurs mois après la piqûre (sic)" et ne se limitent pas à l'érythème migrant à localisation multiples.

Des atteintes au niveau de plusieurs organes ou tissus peuvent s'observer : peau (lymphocytome, etc), articulations (inflammation), altération du rythme cardiaque, inflammation du nerf optique, atteintes neurologiques.

Un test sanguin est alors nécessaire, complété par l'avis d'un spécialiste, selon l'organe concerné. Des prélèvements biologiques complémentaires (liquide cérébro-spinal ou articulaires) peuvent aussi être demandés.

Différentes options thérapeutiques

Du côté des traitements, les antibiotiques sont au cœur de la stratégie développée par la HAS. Ils doivent être administrés le plus tôt possible. La durée de la cure varie cependant selon la forme diagnostiquée.

Face à une forme localisée et précoce, 14 jours d'antibiotiques – doxyclycline ou amoxicilline – suffiront. En cas de forme disséminée, la durée varie de 21 à 28 jours selon le type d'atteinte et la phase d'évolution de la maaldie.

© Service de presseHaute Autorité de Santé (2018)

Un flou sur la forme chronique

Sur la délicate question de la forme chronique, la HAS a décidé de botter en touche en créant une nouvelle terminologie : la "symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après une possible piqûre (sic) de tique".

Peuvent être concernées les personnes "ayant été potentiellement exposées aux tiques" et présentant des symptômes non expliqués et invalidants. Ceux-ci sont précis et doivent persister depuis plus de six mois : une fatigue durable, un "syndrome polyalgique" – c'est-à-dire des douleurs musculo-squelettiques, neuropathiques ou des céphalées – et des troubles cognitifs comme des problèmes de concentration, de mémoire ou encore d'attention.

L'idée est de ne pas laisser ces individus dans l'errance diagnostique, injustifiable. Une série d'examens sera donc réalisée pour exclure d'autres pathologies possibles (mononucléose infectieuse, syphilis, maladie chronique…), d'éventuels troubles du sommeil.

Une prise en charge sera ensuite proposée dans des centres spécialisés, avec un traitement de la douleur et des antibiotiques si cela s'avère nécessaire. Concernant les antibiothérapies prolongées, la HAS se montre ferme. Toute stratégie "prolongée au-delà de 28 jours devra être documentée dans le cadre des protocoles de recherche définis au sein du centre spécialisé".

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