Le poids et la taille de naissance révèlent la future santé du cœur

Publié le 30 Juillet 2019 à 15h38 par Sophie Raffin, journaliste santé
Le poids et la taille de naissance d'un bébé donnent un aperçu de la future santé de son cœur. Un médecin de l’hôpital pour enfants de Géorgie de l'université Augusta assure que ces deux éléments mis ensemble permettent de déterminer si un petit a un risque accru d'avoir des maladies cardiaques plus tard.
© Istock

À la naissance de nos enfants, les premiers éléments que l'on révèle outre leur prénom, sont leur poids et leur taille. Ces informations, inscrites fièrement dans les faire-part (ou texto), révèlent en réalité le futur cardiaque de notre petit.

Selon le Dr Brian Stansfield, spécialiste en néonatologie à l’hôpital pour enfants de Géorgie de l'université Augusta, l'Indice Pondéral (IP) ainsi que le plus largement utilisé indice de masse corporelle (IMC) - qui tiennent compte tous les deux du poids et de la taille - fournissent une indication plus précise de la santé cardiaque du bébé.

Dans l'article publié dans la revue scientifique Early Human Development, il explique que les bébés IP et IMC à la naissance un risque accru de maladies cardiaques en grandissant. Le médecin explique "quand vous tenez compte que du poids de naissance (historiquement la cible de nombreuses études), vous regardez une mesure à un seul point du temps, ce qui est un gros problème quand il est question de projection".

En effet, la croissance périnatale - qui est influencée par de nombreux facteurs allant de la génétique à l'environnement comme la santé de la mère et ses habitudes (tabagisme, nutrition, diabète gestationnel...) - a des implications importantes pour le développement cardiaque et les malformations du système cardiovasculaire. Si un faible poids à la naissance avait déjà été associé aux problèmes cardiaques et à la mort précoce, aucune étude n'avait encore fait de lien avec la taille.

Un faible indice pondéral à la naissance, mauvais pour le cœur

L'équipe scientifique a ainsi analysé le poids et la taille de naissance de 379 adolescents américains âgés de 14 à 18 ans. Leur score de Tanner (échelle qui détermine l'avancement physiologique lors de la puberté), leurs activités physiques hebdomadaires ont été relevés. Des échographies cardiaques ont aussi été réalisées pour observer la structure et le fonctionnement de leur cœur.

Les scientifiques ont découvert que les enfants ayant eu un indice pondéral faible – où la prise de poids et de taille sont désynchronisées – ont des risques accrus d'avoir un ventricule gauche plus gros, ce qui peut être le signe de maladies cardiaques futures.

Les chercheurs pensent que le développement fœtal impacte celui du cœur. Ce qui aurait ensuite des répercussions sur le fonctionnement de l'organe et la santé cardiovasculaire à l'âge adulte. Ils mettent aussi en avant qu'utiliser les deux éléments morphologiques permet de différencier les bébés qui naissent petits en raison de leur génétique familiale et ceux qui n'ont pu atteindre leur potentiel de développement in-utero en raison d'autres facteurs comme la santé de la mère.

"Ce que nous essayons de faire, c'est de comprendre comment catégoriser ces enfants à la naissance afin de savoir qui surveiller de plus près et, idéalement, intervenir plus tôt pour aider à compenser certains de ces risques", a expliqué Dr Brian Stansfield.

À l'adolescence : un surpoids inquiétant

L'étude montre également qu'environ 25% des adolescents étaient en surpoids ou atteints d'obésité et que l'IMC de la plupart d'entre eux suivant une courbe ascendante. Ces enfants ont 30% de plus de risques de devenir obèse par rapport à ceux dont l'IMC diminue. Ils ont aussi une augmentation d'environ 40% de la graisse viscérale, située autour des organes de l'abdomen et connue pour être dangereuse pour la santé. Les adolescents avec un IMC en hausse sont également plus susceptibles d'avoir une pression systolique plus élevée.

L'article rappelle qu'un lien entre les maladies chroniques (comme l'obésité et le diabète) et un faible poids à la naissance avait été fait dans de précédentes études. Par ailleurs, le système cardiovasculaire semble impacté lors de son développement périnatal (période comprise entre la 22e semaine d'aménorrhée et le 7e jour révolu suivant la naissance).

Le Dr Stansfield ajoute "Nous pensons que nos résultats sont un appel lancé aux pédiatres pour qu'ils mesurent et notent avec plus de précision les paramètres de poids à la naissance et de taille".

1 bébé sur 7 naît avec un petit poids

L'UNICEF et l'OMS ont analysé les poids de naissance des bébés dans le monde entre 2000 et 2015. Selon le rapport des deux agences réalisé en mai 2019, plus de 20 millions de nourrissons pèsent moins de 2,5 kg à leur naissance. Cela représente 15% des bébés. De plus, plus de la moitié d'entre eux habitent en Asie.

Les deux principales causes de ce début plus difficile dans la vie sont la prématurité et un mauvais développement pendant la grossesse. Ils sont généralement liés à l'état de santé de la mère (malnutrition, anémie, surpoids, pression artérielle élevée, diabète, infection, ages, alcool, tabac...). Les naissances multiples peuvent être un autre facteur.

Globalement, la prévalence des petits poids de naissance a diminué entre 2000 et 2015 passant de 17,5% à 14,6%. La plus forte baisse a été observée en Asie (21,4% contre 17,3%). Dans les pays développés, le nombre de bébés ayant un poids inférieur à 2,5kg est pour sa part stable (7,1% en 2000 et 7,2 en 2015).

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Source :
Birthweight, height together provide insight into future heart health, EurekAlert, 30 juillet 2019

Low Birthweight Estimates Levels and trends 2000–2015, UNICEF-WHO, mai 2019


La rédaction vous recommande sur Amazon :