Un bébé génétiquement correct

Un bébé conçu in vitro et testé génétiquement, c'est la prouesse qu'ont réussi des médecins californiens. La mère, porteuse d'un gène responsable d'une maladie précoce d'Alzheimer, a tenu à vérifier que son enfant n'était pas lui-même porteur de ce gène et qu'il ne développerait donc pas la maladie.
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Les techniques de procréation médicalement assistée ont tellement évolué que les caractéristiques d'un enfant à naître ne devront bientôt plus rien au hasard. Ainsi, aux Etats-Unis, des médecins californiens ont pu tester les gènes d'un œuf avant de l'implanter dans l'utérus de sa mère. Ce bébé a été conçu « in vitro », à partir d'un ovule et d'un spermatozoïde issus de ses parents. Cependant, avant d'être placé dans la matrice maternelle, son ADN a été testé.

Fort heureusement, cette manipulation n'avait rien à voir avec un quelconque eugénisme. Il ne s'agissait pas de sélectionner un œuf pour des caractéristiques génétiques responsables d'aptitudes physiques ou intellectuelles, mais seulement de déterminer si cet œuf était ou non porteur d'un gène défectueux et responsable de l'apparition d'une maladie d'Alzheimer précoce.

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En effet, si les parents avaient laissé faire la nature, cet enfant aurait eu des risques importants d'être atteint par cette maladie génétique. Son grand-père maternel en était atteint et en est mort à 42 ans. Sa mère, elle-même, est porteuse du gène de la maladie. Elle n'en a pas encore développé les symptômes, mais cela n'est probablement qu'une question de temps.

Aujourd'hui ce bébé a 15 mois et est en parfaite santé. Il a toutes les chances de vivre jusqu'à un âge assez avancé, mais il n'est pas certain qu'il conserve sa mère de longues années encore. Pure inconscience de donner la vie à un enfant, sachant que l'on ne pourra pas l'élever? Ou au contraire, lucidité d'une mère généticienne, qui n'a pas voulu laisser le hasard décider de l'avenir de son enfant? Les médecins californiens se sont bien évidemment posé la question, sans toutefois y apporter de réponse.

Publié le 27 Mars 2002
Auteur(s) : Dr Agnès Lara