Etes-vous un(e) locavore ?

Publié le 26 Octobre 2010 | Mis à jour le 26 Octobre 2010
Auteur(s) : Paule Neyrat, Diététicienne
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Voilà un nouveau mot à la mode : locavore. Il a été inventé par Jessica Prentice, chef de cuisine et fondatrice du groupe du même nom à San Francisco en Californie, lors de la Journée mondiale de l'environnement en 2005. Il est entré dans le Larousse cette année.

Un l ocavore est une personne qui se nourrit exclusivement d'aliments frais, locaux obligatoirement produits dans un rayon de 100 à 250 km, donc de saison. Bios ou pas, peu importe, le tout est qu'ils viennent de pas loin et que leur transport n'ait pas fait dépenser des tonnes de CO2.

Ce mouvement s'est répandu comme une trainée de poudre aux États-Unis, les locavores ont renoncé aux crevettes thaï, aux mangues péruviennes, ont créé un peu partout des "Community Supported Agriculture", l'équivalent de nos AMAP. Mais il est surtout très présent en Californie. Ainsi, la cantine de Google, à Mountain View s'appelle "150 Miles Cafe" car tout ce qui y est servi est produit dans un rayon de 150 miles.

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La romancière Barbara Kingsolver s'est installée dans sa ferme, s'est nourrie de ses produits et en a tiré un roman assez hilarant "Un jardin dans les Appalaches" qui vient d'être traduit en français aux Éditions Rivages.

Les locavores devenant de plus en plus nombreux en France (voir le succès des AMAP), la grande distribution commence à s'y mettre. Dans certains rayons de fruits et légumes, il y a maintenant une marque "Le petit producteur" : sur l'emballage, on voit la bobine du producteur, le lieu de production et de ramassage.

Bon, tout ça, c'est très bien. Il est vrai que c'est débile de manger des fraises en hiver : elles ne sont pas bonnes.

Mais on ne se nourrit pas uniquement de légumes et de fruits !

Je ne vois pas bien comment les locavores purs et durs comme il en existe aux États-Unis, peuvent équilibrer leur alimentation. Même en vivant dans ou près d'une ferme avec un lac (pour les poissons). L'équilibre alimentaire repose sur la diversité des aliments.

Et même si l'on est locavore que pour les fruits et les légumes, ça pose quand même des problèmes en hiver où la nature n'est pas vraiment généreuse pour ces produits. Les oranges et les mandarines, ça vient de loin (sauf si on habite sur la Côte d'Azur ou en Corse) et ce sont elles qui, en hiver, nous apportent notre indispensable vitamine C.

Soumis par Paule Neyrat le
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