Émotions négatives, comment les arrêter ?

Peur, colère, jalousie, tristesse, déception, angoisse, manque de confiance, toutes sortes d'émotions négatives nous envahissent par moment, par vagues, par bouffées, mais aussi parfois pour plus longtemps. Elles peuvent alors nous gâcher la vie. La dépression, par exemple, est un cas où les émotions négatives tournent en boucle. Alors, comment faire pour les arrêter, les limiter, les empêcher de porter atteinte à notre joie de vivre ?
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Faut-il toujours se demander "Pourquoi" ?

  • Première réaction habituelle devant une émotion négative, c'est de se demander : pourquoi ? Pourquoi suis-je en colère, pourquoi suis-je triste ? La raison de ce pourquoi est que l'on suppose qu'une fois la racine de cette émotion connue, il sera plus facile d'agir sur elle.

Par exemple : je suis en colère parce que mes enfants ont agi de telle manière, alors, il faut que je m'organise pour que cela ne se reproduise plus. Il faut que j'éduque mieux mes enfants. Cette méthode est bien sûr valable, mais pas toujours efficace.

Un autre exemple : je suis jaloux de mes voisins qui ont une belle piscine et pas moi. Que faire ? Me faire construire une piscine afin de ne plus être jaloux ? Il est loin d'être certain que cette solution soit bonne. Il serait beaucoup plus intéressant d'apprendre à ne plus être jaloux...

  • Des raisons parfois plus profondes

Le pourquoi peut donc parfois entraîner à ne pas aller très loin dans le questionnement en restant à la surface des choses. Car les émotions n'étant pas toujours logiques, leur trouver une raison est possible, mais il ne s’agit pas forcément de la vraie raison. Elle peut faire écran à des ressorts bien plus profondes sur lesquels il sera beaucoup moins facile d'agir. Par exemple : je suis jaloux de la piscine de mes voisins, parce que, enfant, j’étais jaloux de mon frère, le préféré de ma mère. Du coup, je suis hypersensible à l’injustice et ma jalousie s’active bien trop facilement.

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Alors, malgré la question profonde du pourquoi, la réponse que l'on trouve soi-même est souvent superficielle (même si, avec un psy, on peut aller plus loin).

Mieux vaut parfois se demander "comment" ?

  • Alors, il existe une autre méthode pour intervenir sur ces émotions négatives. C'est tout simplement de se demander : « Comment ? » au lieu de « Pourquoi ?

Comment cela se passe-t-il en moi quand je suis en colère ? « Comment je fais pour me sentir triste ? Comment mon corps réagit-il ? » Il s'agit de se positionner en observateur de soi-même.

  • S'atteler à décrire ce que vous ressentez à l'intérieur de vous : l'auto-observation

Par exemple : « Je suis en colère et je sens que mon coeur bat plus vite, j'ai l'impression d'être tout rouge, je ressens de la colère qui monte par vagues et qui redescend légèrement pour remonter. Je remarque que je recherche des raisons d'alimenter ma colère comme si je ne voulais pas la laisser s'éteindre ». Ne posez pas un jugement sur vos émotions, mais observez-les. Bannissez le « c'est nul de se mettre en colère », « pourquoi je me mets toujours en colère comme ça » ou « je suis comme mon père, c'est abominable », mais observez, notez ce qui se passe. N'essayez pas de comprendre pourquoi, ni de vous autocritiquer, mais prenez la posture du scientifique observant un phénomène intéressant...

  • Vous vous sentez dédoublé(e) et vous prenez de la distance envers votre émotion négative.

Quand vous parvenez à cette attitude, vous vous sentez dédoublé(e). Une partie de vous reste en colère (triste ou angoissée), mais une autre ne l'est plus. Elle est dans l'attention à vous. Vous n'êtes plus totalement dans votre colère. Cette auto-observation permet alors à votre émotion négative de fondre, de se diluer.

  • Portez un regard bienveillant sur vous-même.

Une fois que vous avez observé cette émotion négative (colère, jalousie, tristesse), que vous la voyez diminuer, portez un regard bienveillant sur vous-même. Ne vous jugez plus, n'essayez pas de décortiquer, mais simplement d'accepter ce qui est et de le regarder. C'est une posture d'acceptation de soi qui aide beaucoup à se sentir plus serein. Accepter votre émotion négative, votre réaction lui permet de s’évaporer. Elle a été prise en compte, vous l’avez entendue avec attention, elle n’a plus lieu d’être (ou beaucoup moins).

  • Entraînez-vous à cette attitude

Au début, c’est étonnant, car très différent de notre attitude habituelle. Puis, si vous vous entraînez, vous observerez que vos émotions négatives sont de moins en moins ancrées, s’allégeant de plus en plus facilement.

Alors, la prochaine fois que vous sentez venir une émotion négative, prenez-la comme une chance, pour tester à votre tour cette pratique millénaire qui s'inspire de la méditation ou du bouddhisme.

Publié le 23 Juillet 2007 | Mis à jour le 27 Novembre 2015
Auteurs : Dr Catherine Solano