Cholestérol : moins on en consomme, mieux on se porte

Publié le 01 Mars 2010 à 1h00 par Paule Neyrat, Diététicienne
Le cholestérol se trouve pratiquement dans tous les produits d'origine animale. Il va de pair avec les graisses qui apportent trop de calories souvent superflues et dont les lipides ont une fâcheuse tendance à se stocker là où on n'aime pas : cuisses, fesses, ventre, etc. Et ce cholestérol, ca n'est pas vraiment un bonheur pour les artères, quel que soit leur âge.
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Cholestérol, l'ennemi du système vasculaire


Si le cholestérol est nécessaire pour tous les rôles qu'il joue dans notre organisme (fluidification des membranes cellulaires, précurseur de différentes hormones et de la vitamine D), son excès en revanche mène à la catastrophe.

Ce trop-plein de cholestérol se produit lorsque, pour différentes raisons, celui qui n'a pas été utilisé n'est pas évacué comme il le devrait par les HDL, ces protéines qui l'emmènent dans le foie où il est dégradé en acides biliaires qui filent ensuite gentiment vers la bile.

Que devient alors ce cholestérol en trop ? Il faut bien qu'il se loge quelque part ! Hélas, il affectionne le système vasculaire où il se mélange, dans une perverse alchimie, avec d'autres substances pour former une vilaine boue (appelée athérome, du grec " athérée " qui signifie bouillie) qui se colle sur les parois des artères. Comme dans les machines à laver dont les tuyaux sont envahis de calcaire, le cholestérol rétrécit le diamètre des artères. Le sang s'y propulse de moins en moins bien, ça bouchonne et quand cela se produit dans les coronaires nourricières du coeur, on appelle le SAMU.

Cholestérol : principe de précaution


" Mieux vaut prévenir que guérir " dit un sage dicton. Sans pour autant tomber dans la paranoïa, le principe de précaution s'applique en matière de maladie cardiovasculaire. Et ce dès les premières années de la vie car les plaques de cholestérol ne rechignent pas à se déposer dans de jeunes artères surtout si son propriétaire est malheureusement affecté de facteurs de risque. Chez des enfants de 12 ans obèses ou seulement trop gros, on trouve déjà de ces plaques et un excès de cholestérol. Faut-il préciser que plus l'âge avance, plus cette bouillie de cholestérol augmente ?

C'est pourquoi, il est indispensable, facteurs de risque ou non, d'avoir une alimentation équilibrée, donc automatiquement peu riche en cholestérol. Et ce dès l'enfance, l'âge où on peut prendre de bonnes habitudes alimentaires.

Pas de cholestérol dans les produits végétaux


Tout ce qui est végétal est exempt de cholestérol.

Il ne s'agit pas pour autant de devenir végétarien mais de faire la part belle aux céréales, aux légumes frais et secs et aux fruits et de consommer modérément les aliments d'origine animale qui contiennent beaucoup de cholestérol.

Ce qui est d'ailleurs la grande base de l'équilibre alimentaire et du maintien d'un poids normal puisque la plupart de ces produits animaux sont en même temps riches en lipides (graisses) : c'est leur excès qui déséquilibre l'alimentation et fait grossir.

Pédale douce donc sur :

. les abats : la cervelle que l'on donne volontiers aux tous petits lors de la diversification alimentaire est à proscrire pour ses 1400 mg de cholestérol aux 100 g !

. les charcuteries qui font trop souvent partie du quotidien alimentaire : aucune n'est pauvre en cholestérol.

. les fromages fermentés qui contiennent de 100 à 150 mg de cholestérol.

Dans les viandes, il faut choisir les morceaux les plus maigres car ils ne dépassent pas en moyenne 65 mg de cholestérol pour 100 g, ne pas en manger à chaque repas afin de laisser la place aux volailles et aux poissons dont les acides gras sont bénéfiques. Quant aux oeufs, il ne s'agit pas de s'en priver mais de ne pas en consommer tous les jours ! Certes, un jaune d'oeuf (il n'y en a pas dans le blanc) contient environ 110 mg de cholestérol, mais peu d'acides gras saturés et il a, pour cela, peu d'effet sur le cholestérol sanguin.

. le beurre (250 mg de cholestérol) et la crème (110 mg) ne sont pas à éliminer entièrement mais à employer avec une grande modération : 10 g de beurre par jour, c'est la bonne dose et une sauce à la crème de temps en temps pour se faire plaisir.

Ce qui veut dire cuisiner à l'huile d'olive car son principal acide gras, l'acide oléique, est une sorte d'antidote au cholestérol.

En consommant par ailleurs du pain, des céréales, des légumes et des fruits à chaque repas, on met ainsi en place le régime méditerranéen, naturellement pauvre en cholestérol et qui a largement prouvé son pouvoir de protection contre la maladie cardiovasculaire et bien d'autres.