Les 5 polluants inattendus qui empoisonnent notre air intérieur

Avec l’évolution des techniques industrielles et de notre mode de vie, l’air intérieur que nous respirons dans nos logements est devenu plus pollué que l’extérieur, ce qui n’est pas sans répercussions sur notre santé (troubles ORL, respiratoires, neurologiques, de la fertilité, cancers, maladies cardiovasculaires…). Les principaux polluants qui altèrent la qualité de l’air intérieur sont bien connus : tabagisme, matériaux de construction, produits d’entretien, insecticides, cosmétiques, monoxyde de carbone, COV pour composés organiques volatils, radon, etc. En revanche, d’autres sont moins bien appréhendés par le grand public. Quels sont ces polluants inattendus ?
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Qualité de l’air intérieur : zoom sur 5 polluants inattendus

L’humidité

L’humidité, ou vapeur d’eau, ne fait pas partie à proprement parler des polluants. En revanche, c’est un polluant indirect majeur. En effet, l’humidité favorise les moisissures et la prolifération des acariens, des allergènes très fréquents à l’origine d’allergies, de rhume des foins, d’asthme, d’eczéma, d’urticaire. Près de 15% de la population serait allergique aux moisissures… L’humidité accélère également la « dégradation » des colles qui imprègnent les panneaux de particules de nos meubles, avec dégagement de COV (Composés Organiques Volatils), comme le formaldéhyde.

Or les sources d’humidité sont extrêmement nombreuses : bains et douches, préparation des repas, vaisselle, nettoyage des sols, séchage du linge, etc. Toutes nos activités et notre propre organisme dégagent également de l’humidité, sans oublier les infiltrations dans les murs et les dégâts des eaux.

Les agents infectieux

Comme les spores des moisissures, certains agents infectieux circulent dans nos logements. Il s’agit de virus, de toxines et de bactéries comme les légionelles. Ils se développent dans certains équipements (les systèmes de production d’eau chaude, les ventilations encrassées, les climatisations) et peuvent être à l’origine d’infections comme l’aspergillose invasive nosocomiale.

L’eau de javel

Même si les moisissures et les agents infectieux peuvent être néfastes à notre santé, attention de ne pas utiliser de désinfectants à outrance et notamment de l’eau de javel. On a constaté que dans les foyers qui emploient beaucoup l’eau de javel pour débarrasser leur habitat de tout microbe, une croyance très répandue, les enfants avaient plus de risques de développer des infections respiratoires (source : Étude de Lidia Casa et coll., Université catholique de Louvain, 2015.).

Les mélanges de produits

C’est bien connu, de nombreux produits sont toxiques et c’est la raison pour laquelle on recommande l’usage de produits plus écologiques. Mais attention aussi aux mélanges de produits, que ce soit pour le bricolage ou l’entretien, car ils peuvent provoquer des émanations dangereuses et polluer l’air. Par exemple, l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe) rappelle que "le mélange d’eau de javel avec un produit contenant de l’acide (présent par exemple dans les décapants, les détartrants et le vinaigre blanc) ou de l’ammoniac entraîne la formation d’un mélange gazeux nocif pouvant provoquer une irritation des yeux, de la toux, des crises d’asthme, des maux de tête, des nausées...".

L’encens et les parfums

Les parfums (désodorisants, parfums d’ambiance…) et tous les produits odorants comme les colles, les peintures et les produits ménagers dégagent des COV dont certains sont toxiques. Les odeurs « de neuf » ou « de propre » ne sont pas forcément saines ! Quant aux bougies, bougies parfumées et à l’encens, leur combustion dégage du monoxyde de carbone, un gaz très toxique, et d’autres produits nocifs.

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Source : Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe), Un air sain chez soi, Édition mai 2015, http://www.ademe.fr.