Le stress fait-il grossir ?

Publié par Frédérique Lebel, journaliste santé le Mercredi 29 Octobre 2003 : 01h00
Mis à jour le Lundi 27 Février 2012 : 13h11
Le stress peut jouer un rôle déterminant dans la prise de poids. Mais s'il n'est guère possible d'éliminer tous les soucis de l'existence, habitudes alimentaires et mode de vie peuvent être adaptés.

Quand on est en situation de détresse, en perte, en manque, il faut compenser ; on peut demander réparation, amour, compréhension. On peut aussi se remplir de nourriture : le lien entre poids et stress est une évidence.

Une compensation alimentaire

Certaines obésités massives et brutales (plusieurs dizaines de kilos en quelques mois) surviennent après des traumatismes psychiques graves. On évoque une perturbation hypothalamique modifiant la régulation du bilan énergétique, et des « centres de contrôle » de la satiété et de la faim. Plus couramment, on observe que la perte de poids est facilitée en période de détente (vacances). A noter, les obèses présentent souvent des troubles psychiques à type d'anxiété majeure ou de dépression, à l'origine de phénomènes de compensation alimentaire. Mais la restriction qu'ils s'imposent est elle-même source de stress majeur, et de troubles de comportement alimentaire.

Des prises de poids inégales

Un niveau de stress élevé et prolongé entraîne des prises de poids sévères au bout de 6 à 15 ans, la prise de poids est d'autant plus importante que le poids initial était élevé. Une étude de l'université de Californie confirme que le stress favorise bel et bien l'accumulation de graisses, en particulier au niveau de l'abdomen. Ce phénomène injustement plus accentué chez les femmes minces que chez les rondes, s'applique aussi aux hommes. En fait, le système physiologique gérant le stress s'est développé il y a des millénaires de manière à pouvoir gérer de courtes périodes de stress, par exemple, juste avant la chasse à l'âge de pierre. Dans la civilisation actuelle, lorsqu'une personne est stressée, le corps fabrique un surplus hormonal qui stimule une enzyme concentrant la graisse. C'est ce qu'ont découvert les chercheurs suédois en observant 50 cinquantenaires en surpoids. Et cette enzyme est plus facilement absorbée par l'abdomen que par d'autres parties du corps.

Publié par Frédérique Lebel, journaliste santé le Mercredi 29 Octobre 2003 : 01h00
Mis à jour le Lundi 27 Février 2012 : 13h11
Source : Génération santé n°28 ; Université de Californie ; travaux de l'équipe du Dr Elissa Epel, université de San Francisco.
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