Après l'infarctus, mieux vaut gérer le stress

Après l'infarctus, mieux vaut gérer le stress

Le stress est un facteur de risque cardiovasculaire avéré. Mais il est prouvé que l'apprentissage de la maîtrise du stress pouvait prévenir de façon efficace les complications à long terme des patients souffrant de maladies cardiovasculaires.

La gestion du stress diminue le risque cardiovasculaire

Le stress est souvent cité comme facteur de risque dans les pathologies d'origine vasculaire ou cardiaque. Il déclenche la sécrétion d'une hormone de stress par les glandes surrénales qui, parmi ses nombreux effets, augmente la pression artérielle. Cela favorise, chez les personnes à risque (personnes ayant des antécédents familiaux ou pathologiques ou des comportements à risque, alcool, tabac, manque d'exercice physique et mauvaise alimentation), la survenue d'accidents vasculaires ou cardiaques. A partir de ce constat, il devenait alors légitime de s'interroger sur les conditions de vie qui pourraient améliorer à long terme la santé des personnes ayant déjà subi un infarctus. Deux méthodes ont été testées : la pratique d'exercices physiques réguliers et l'apprentissage de la gestion du stress.

Moins de stress, moins de récidives d'infarctus

94 hommes ayant subi un infarctus du myocarde ont été répartis suivant trois groupes et suivis sur une période de cinq ans.

  • Un groupe s'est vu prescrire des exercices d'aérobic trois fois par semaine pendant quatre mois.
  • Un autre a dû suivre une heure et demie de cours par semaine sur la gestion du stress. Au cours de 16 séances, les patients apprenaient à contrôler leurs émotions négatives et à se relaxer.
  • Le troisième groupe, composé de patients habitants trop loin de la ville pour participer à ces programmes n'a reçu que le traitement médicamenteux habituel et a constitué le groupe contrôle.

Au cours de la première année de suivi, deux patients du groupe contrôle ont fait un nouvel infarctus, alors qu'aucun de ceux ayant appris à gérer le stress n'a eu de complications cardiovasculaires. Le suivi de ces patients à cinq ans, fait également ressortir que les hospitalisations dues à des complications vasculaires étaient bien moins fréquentes chez les patients ayant suivi un apprentissage de la gestion du stress, que chez les patients des deux autres groupes (exercices physiques et contrôle). De ce fait, les coûts médicaux étaient aussi moins importants dans ce groupe.

Ces résultats établissent clairement qu'il peut y avoir un bénéfice, clinique pour les patients et économique pour la société, à proposer des actions préventives d'apprentissage de la gestion du stress. Ceux qui sont concernés par les problèmes cardiovasculaires peuvent tirer parti dès aujourd'hui de ces données et suivre des cours de yoga, de relaxation, ou des stages d'apprentissage de la gestion du stress. Un principe de vie qui peut d'ailleurs s'adresser à tous, que l'on soit ou non bien portant.

Mis à jour par Isabelle Eustache le 16/02/2012
Créé initialement par le 04/02/2002

Sources : The INTERHEART Study, Yusuf S. et al., Lancet, 364 : 937-52, 2004.

Cet article fait partie du dossier Quand le stress nous rend malade

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