La panique : un trouble anxieux parfois invalidant

Publié par Pr Paul Bensussan, psychiatre le Vendredi 01 Septembre 2000 : 02h00
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Le trouble panique est un trouble anxieux fréquent (1 à 3% de la population peut en être atteinte au cours de la vie), touchant deux fois plus souvent les femmes que les hommes, débutant le plus souvent chez l'adolescent ou l'adulte jeune. Il se caractérise par la survenue répétée de crises d'angoisse aiguë, entre lesquelles peut persister, parfois dès la première crise, un sentiment d'inquiétude, dominé par la peur de la survenue d¹une nouvelle crise, appelé " anxiété anticipatoire ". Enfin, des conduites phobiques peuvent compliquer l'évolution de cette maladie anxieuse, avec apparition de stratagèmes d'évitement (le sujet a tendance à éviter des conditions -situations ou des endroits- analogues à celles dans lesquelles est survenue la première crise) pouvant au maximum devenir socialement invalidants. Une fois identifié, ce trouble se traite parfaitement, la prise en charge associant le plus souvent une prescription médicamenteuse et une forme particulière de psychothérapie, appelée thérapie cognitivo-comportementale.

Qu'est-ce qu'une attaque de panique ?

On appelle ainsi des crises d'angoisse aiguës, périodes bien délimitées de crainte ou de malaise intense, extrêmement éprouvantes pour le sujet qui les vit. Durant ces crises, qui atteignent leur paroxysme en moins de 10 minutes, le sujet ressent simultanément des signes d'anxiété physique et psychique.

Parmi les signes d'anxiété physique, citons notamment l'accélération du rythme cardiaque (tachycardie) ou la perception angoissante des battements cardiaques (palpitations), une sensation d'étouffement, de poids sur la poitrine, de souffle coupé, de gorge serrée (boule dans la gorge, gênant ou empêchant la déglutition), des bouffées de chaleur et des sueurs, une envie de vomir, des sensations vertigineuses...

Comme on l'imagine, des sensations physiques aussi inquiétantes et de survenue aussi brutale ne manquent pas d'entraîner une forte angoisse, psychique celle-là : le sujet peut avoir peur de perdre totalement son contrôle (par exemple, de s'enfuir d'une réunion, d'abandonner sa voiture au beau milieu d'un embouteillage... ), de devenir fou, de s'évanouir, voire même de mourir.

En l'absence de traitement spécifique, la crise se résout d'elle-même, en 20 à 30 minutes, laissant le sujet dans un état d'abattement ou de fatigue intense. Mais tant que le trouble n'est pas identifié, il est fréquent qu'un médecin adresse ce patient au service des urgences de l'hôpital le plus proche, tant une crise d'angoisse peut prendre le masque d'une urgence purement médicale (malaise cardiaque, hypoglycémie...).

Qu'est-ce qu'un trouble panique ?

Le trouble panique se caractérise par la répétition des attaques de panique, avec apparition ou persistance entre les crises d'une anxiété anticipatoire : le sujet redoute jusqu'à la hantise la survenue d'une nouvelle crise, il a en quelque sorte " peur d'avoir peur ".

Cette anxiété anticipatoire conduit le sujet qui l'éprouve à être en permanence à l'écoute de son corps : le moindre signe corporel ou psychologique est amplifié, interprété, notamment dans les situations identifiées comme favorisant la survenue des malaises.

Si certains sujets n'arrivent pas à cerner les facteurs favorisant la survenue ou la répétition des crises, d'autres, qu'on appelle " agoraphobes ", ont parfaitement compris que le risque est pour eux maximum dans des situations ou des endroits dont il est difficile de s'échapper : ils évitent ainsi de se rendre au cinéma ou au théâtre (comment sortir au milieu de l'acte 2 sans se faire remarquer ?), détestent être "coincés" dans une file d'attente ou sur la banquette d'un restaurant, et refusent d'une façon générale toute circonstance conviviale susceptible de traîner en longueur. Le handicap social peut ici devenir important, sur le plan personnel ou professionnel. D'autres agoraphobes au contraire décrivent une angoisse intense lorsqu'ils sont loin de chez eux, notamment dans des endroits isolés où il serait difficile de leur porter secours.

Publié par Pr Paul Bensussan, psychiatre le Vendredi 01 Septembre 2000 : 02h00
Source : - DSM IV : critères diagnostiques (éditions MASSON) ; - LES ETATS NEVROTIQUES : éditions Jean-Pierre GOUREAU, 1992 ; - PSYCHIATRIE : par Julien Daniel GUELFI, Patrice BOYER, Silla CONSOLI, et René OLIVIER-MARTIN, éditions du PUF, 1997
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